Au Niger, les autorités militaires ont annoncé en 2025 la suspension des activités de 2 900 ONG et associations de développement, locales et étrangères, sur les 4 700 enregistrées dans le pays. L’information a été rendue publique par le ministre de l’Intérieur lors d’une intervention à la télévision nationale.
Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2023, la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani place la souveraineté nationale au cœur de son action, à l’image de ses alliés de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Burkina Faso, qui a également suspendu plusieurs centaines d’organisations.
Au Niger, des accusations de manque de transparence
Les autorités nigériennes reprochent régulièrement aux ONG un manque de transparence, notamment dans la gestion de leurs finances, mais aussi des soupçons de collusion avec des groupes armés qualifiés de « terroristes », actifs dans plusieurs régions du pays.
Selon le général Mohamed Toumba, près de 4 700 ONG étaient initialement recensées, contre environ 1 800 après les dernières mesures. Il a présenté ces suspensions comme une opération d’« assainissement » visant à mieux encadrer le secteur, en imposant aux organisations de s’aligner sur les priorités nationales de développement.
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En 2025 déjà, plusieurs ONG avaient été interdites d’activité pour non-respect d’obligations administratives, notamment la publication tardive de leurs états financiers 2024 au Journal officiel. Les autorités estiment par ailleurs que les ONG ont mobilisé plus de 250 milliards de francs CFA en 2024.
Le Burkina Faso voisin, également dirigé par une junte alliée au Niger au sein de l’AES avec le Mali, a adopté une législation similaire renforçant fortement les obligations administratives des associations.
