Un groupe de députés de l’opposition a saisi, lundi 1er juin 2026, le Conseil constitutionnel pour contester la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Les requérants estiment que cette décision contrevient aux dispositions constitutionnelles relatives aux incompatibilités entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire. Ils dénoncent également un manque de transparence dans la gestion du dossier par l’administration parlementaire.
La réintégration d’Ousmane Sonko jugée contraire à la Constitution
Dans un communiqué publié à Dakar, les parlementaires expliquent avoir engagé une procédure afin de faire examiner la décision du Bureau de l’Assemblée nationale ayant permis le retour d’Ousmane Sonko parmi les députés. Selon eux, le Premier ministre se trouvait dans une situation d’incompatibilité prévue par l’article 54 de la Constitution depuis sa nomination à la tête du gouvernement, alors qu’il détenait également un mandat parlementaire obtenu lors des élections législatives de 2024.
Les signataires soutiennent qu’en choisissant d’exercer ses fonctions au sein de l’exécutif, Ousmane Sonko avait automatiquement perdu son siège de député. Ils considèrent par conséquent que sa réintégration, suivie de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026, constitue une violation de la Constitution ainsi qu’une atteinte au principe de séparation des pouvoirs.
Un différend sur l’accès aux documents officiels
Les députés de l’opposition estiment que seul le Conseil constitutionnel, en tant que garant de la régularité des mandats parlementaires et du fonctionnement des institutions, est compétent pour trancher ce litige. Ils demandent donc à la haute juridiction de se prononcer sur la validité juridique de la réintégration contestée.
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Le communiqué révèle également un bras de fer avec les services administratifs de l’Assemblée nationale. Les élus affirment avoir sollicité, par voie d’huissier, la communication de l’acte de réintégration d’Ousmane Sonko ainsi que du procès-verbal de la séance plénière du 26 mai. Ils dénoncent le refus de transmission de ces documents, qu’ils qualifient d’« entrave grave aux droits des députés et à la transparence démocratique ».
Les requérants appellent enfin le Conseil constitutionnel à exercer pleinement ses prérogatives afin de mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une « forfaiture institutionnelle ». « Aucune majorité, si large soit-elle, n’est au-dessus de la loi fondamentale de la République », concluent-ils.
