Les opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers d’Abidjan continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une publication diffusée le 4 juin 2026 sur les réseaux sociaux, Steve Beko, cadre du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a exprimé ses réserves sur la méthode employée par les autorités, tout en affirmant ne pas être opposé au principe de l’aménagement urbain.
Selon lui, la question des déguerpissements met en lumière deux visions opposées de la gestion de la ville. D’un côté, une approche qu’il qualifie de libérale, centrée sur le respect des règles, la libération des emprises publiques et la sécurisation des zones à risque. De l’autre, une approche davantage axée sur les réalités sociales, qui cherche à comprendre les raisons ayant conduit des milliers de familles à s’installer dans ces espaces.
« Avant de détruire, il faut reloger »
Steve Beko estime que l’occupation des zones concernées est avant tout la conséquence d’un déficit d’accès au logement décent et d’une concentration des opportunités économiques dans la capitale économique ivoirienne. Pour le responsable politique, les opérations d’évacuation devraient être accompagnées de solutions concrètes pour les populations affectées.
« Avant de détruire, il faut reloger ; avant d’évacuer, il faut dialoguer », a-t-il notamment écrit, appelant les autorités à privilégier une démarche intégrant des mesures de relogement et de concertation.
Le cadre du PPA-CI a également tenu à préciser que sa position ne relevait ni d’une opposition personnelle au chef de l’État ni de considérations ethniques ou religieuses. Il affirme contester avant tout une orientation politique qu’il juge inspirée par une logique libérale de gestion des questions urbaines.
Déguerpissements à Abidjan : un débat plus large sur les conditions des expulsions
Au-delà du cas spécifique d’Abidjan, la sortie de Steve Beko relance le débat sur les conditions dans lesquelles l’État peut procéder à l’évacuation de populations vivant dans des quartiers précaires. La question du relogement, de l’accompagnement social et du respect des procédures demeure au cœur des préoccupations soulevées par plusieurs acteurs politiques et associatifs.
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Cette prise de position intervient alors que plusieurs élus locaux de la capitale économique ont récemment critiqué la conduite des opérations de déguerpissement pilotées par le District d’Abidjan. Certains s’interrogent notamment sur le cadre juridique de ces interventions dans les communes concernées.
Par ailleurs, le programme de réhabilitation des quartiers précaires d’Abidjan, mis en œuvre avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), n’a pas fait l’objet de communication publique récente sur l’état d’avancement de ses actions ni sur les résultats obtenus.
