Confronté à une flambée inquiétante du choléra dans la capitale congolaise, le gouvernement de la RDC tente de stopper une crise sanitaire qui met à nu les fragilités structurelles de Kinshasa. Plus de 700 morts ont été enregistrés dans le pays depuis le début de l’année, dont une trentaine dans la capitale, selon les données présentées lors du conseil des ministres présidé par Félix Tshisekedi.

Le chef de l’État a exprimé une vive inquiétude, évoquant une tension extrême sur les capacités hospitalières et funéraires, et redoutant une épidémie généralisée si des mesures fortes ne sont pas immédiatement mises en œuvre. Kinshasa, mégapole de 17 à 20 millions d’habitants, est particulièrement vulnérable : trois quarts de ses zones de santé sont désormais touchées, avec une concentration de cas dans les quartiers les plus défavorisés.
Un plan d’urgence activé face à au choléra
En réponse, le président Tshisekedi a ordonné l’activation d’un plan de contingence national, mobilisant des équipes médicales d’urgence, des stocks d’intrants essentiels et des unités de traitement mobiles. L’objectif est d’intervenir rapidement dans les zones les plus affectées, où l’accès à l’eau potable et à des soins de base est devenu un défi quotidien.
La désinfection systématique des points d’eau, des écoles, marchés et lieux publics fait également partie des mesures urgentes. Des distributions de kits d’hygiène, de produits de traitement de l’eau et d’eau potable sont prévues, ciblant en priorité les quartiers populaires frappés de plein fouet par la maladie.

Mais les autorités doivent composer avec des conditions sociales extrêmement précaires : la récente vague d’inondations du choléra a ravagé les réseaux d’assainissement, déplacé des milliers de familles et aggravé la promiscuité dans des zones déjà surpeuplées. Ce mélange explosif favorise la propagation rapide du choléra.
Un choc social et une peur grandissante dans les quartiers populaires
Au-delà de la riposte institutionnelle, la crise révèle un profond sentiment d’abandon dans certaines communautés. Dans plusieurs communes, des familles affirment ne pas avoir vu de personnel médical ni reçu d’aide tangible. Le manque de communication claire et la faible couverture sanitaire alimentent l’incompréhension, la peur, et parfois même la stigmatisation des malades.
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Pour tenter de briser cette spirale, les autorités annoncent une intensification de la sensibilisation communautaire, du dépistage précoce et de la surveillance épidémiologique. L’enjeu est de regagner la confiance des populations et de contenir une maladie endémique qui, à Kinshasa, revient avec une force dévastatrice.
Face à ce défi, le président Tshisekedi appelle à une mobilisation nationale “lucide et résolue”, estimant que la lutte contre le choléra est un test majeur pour l’État congolais et sa capacité à protéger ses citoyens les plus vulnérables.
Par Mohamed KONATE
