Ce lundi 13 octobre, Tidjane Thiam s’est exprimé sans détour sur la situation politique du pays. Le président du PDCI s’inquiète du climat délétère qui entoure la campagne présidentielle. « Nous attendions 2025 avec impatience, pensant pouvoir présenter nos idées pour améliorer la vie des Ivoiriens. Mais ce que nous voyons aujourd’hui, c’est la peur et la répression », a-t-il déclaré, visiblement attristé.

Depuis plusieurs jours, les images de violences circulent sur les réseaux sociaux : militants frappés, femmes brutalisées, gaz lacrymogènes dispersés. Un contraste saisissant avec les manifestations pacifiques observées jusqu’à mi-septembre.
Une répression « incompréhensible »
Pour Tidjane Thiam, la responsabilité du pouvoir est claire. « Pourquoi interdire à des citoyens d’exercer une liberté fondamentale, celle de manifester pacifiquement ? », interroge-t-il.
Le PDCI déplore deux victimes emblématiques de cette répression : Djeneba Soumouarou, battue par les forces de l’ordre sous l’œil des caméras, et Assata Cherif, arrêtée pour avoir simplement répondu à la presse étrangère. Ces cas, estime Thiam, illustrent la dérive autoritaire d’un État qui redoute la parole citoyenne.
« Une image dévastatrice pour la Côte d’Ivoire »
Le président du PDCI juge cette escalade contre-productive. « Elle renforce les préjugés de ceux qui voient encore l’Afrique comme un continent du chaos. Je le déplore profondément, en tant qu’Africain et en tant qu’Ivoirien », confie-t-il.
S’interrogeant sur la cohérence du discours officiel, Thiam relève : « Si le gouvernement a vraiment bien gouverné et remporté 80 % des législatives, pourquoi déployer 44 000 policiers pour sécuriser une élection ? Les deux réalités ne peuvent coexister. »
L’héritage houphouëtiste revendiqué
Face à ce qu’il décrit comme une contradiction du régime, Tidjane Thiam en appelle à « l’esprit d’Houphouët-Boigny ». « L’Houphouëtisme, c’est le dialogue, la paix, la non-violence. Ce n’est pas d’aller se recueillir sur sa tombe, c’est d’incarner son message d’amour du prochain », insiste-t-il.
Le leader du PDCI rappelle d’ailleurs que le père de la Nation avait lui-même ouvert la voie au multipartisme en 1990, en autorisant Laurent Gbagbo à se présenter contre lui. « C’est cela, être un homme d’État : accepter la compétition démocratique », souligne-t-il, rappelant que Gbagbo, à son tour, avait permis à Ouattara d’être candidat en 2010.
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L’espoir comme moteur
Malgré le contexte tendu, Tidjane Thiam veut croire à une alternative. « L’espoir, c’est comme l’oxygène : indispensable à la vie. Nous avons redonné espoir aux Ivoiriens depuis un an et demi », affirme-t-il.
Le PDCI promet une Côte d’Ivoire « où gouverner, c’est servir », une nation réconciliée où la justice serait indépendante et la paix, réelle. « Cette autre Côte d’Ivoire est non seulement possible, mais elle sera », conclut Thiam avec conviction.
Une campagne sous haute tension
Reste à savoir si ce message de rupture parviendra à percer face à la puissante machine du pouvoir. Entre les 44 000 policiers déployés et l’interdiction des rassemblements, la fin de campagne ressemble davantage à un bras de fer qu’à un débat d’idées.
