La problématique du remblayage anarchique dans la lagune Ebrié s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux défis environnementaux en Côte d’Ivoire. Face aux inquiétudes suscitées par ces pratiques qui menacent l’équilibre écologique de ce vaste plan d’eau, le Directeur Général des Affaires Maritimes, le Colonel-Major Julien Yao Kouassi, a apporté des éclairages lors de son passage sur le plateau de l’émission NCI 360, le 1er mars 2026.
Au cours de cette intervention, il a tenu à situer les responsabilités tout en clarifiant plusieurs notions techniques souvent mal comprises par le grand public. L’objectif, selon lui, est de permettre une meilleure compréhension des phénomènes en jeu afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre les occupations illégales du domaine lagunaire.
Dans cette optique pédagogique, le responsable des Affaires Maritimes a expliqué les différences entre plusieurs opérations fréquemment confondues dans le débat public, notamment le remblayage, le dragage, l’endiguement et l’enrochement. Ces précisions visent à distinguer les activités légalement autorisées des pratiques qui constituent de véritables atteintes à l’environnement lagunaire.
Lagune Ebrié, surveillance renforcée et ouverture d’une enquête judiciaire
Au-delà de ces explications techniques, le Colonel-Major Julien Yao Kouassi a également présenté les actions engagées par l’administration maritime pour endiguer le phénomène. Il a notamment rappelé la création de la Brigade Spéciale de lutte contre le Remblayage Anarchique (BRISRA), une unité dédiée à la surveillance du domaine lagunaire.
Composée de plusieurs dizaines d’agents déployés sur le terrain, cette brigade a pour mission de détecter, interrompre et signaler toute activité illégale portant atteinte à l’intégrité de la lagune Ebrié. Les premières opérations menées ont déjà permis d’identifier plusieurs sites irréguliers et de mettre un terme à diverses initiatives de remblayage non autorisées.
Selon les données présentées lors de l’émission, sur les 56 000 hectares que compte le plan d’eau lagunaire, environ 453,1 hectares auraient fait l’objet d’opérations de remblayage, dont 69,5 hectares jugés irréguliers. Des chiffres qui illustrent l’ampleur du phénomène et la nécessité d’une réponse publique renforcée pour préserver cet écosystème stratégique pour l’économie et l’environnement du pays.
L’intervention télévisée a également été marquée par l’annonce d’une procédure judiciaire. Le Directeur Général des Affaires Maritimes a indiqué que le ministre des Transports, Amadou Koné, a saisi le procureur de la République afin qu’une enquête soit ouverte sur certaines opérations suspectes, notamment dans la zone sensible de Mpouto.
Cette démarche vise à faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles certains travaux ont pu être réalisés et à identifier d’éventuelles responsabilités. En confiant ces investigations à la justice, les autorités entendent garantir la transparence et le respect de l’État de droit.
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Parallèlement à ces mesures répressives, le gouvernement affirme sa volonté d’inscrire la gestion de la lagune Ebrié dans une perspective de développement durable. Les actions engagées s’appuient notamment sur des études techniques réalisées par le Bureau National d’Études Techniques et de Développement (BNETD) ainsi que sur des évaluations environnementales destinées à concilier aménagement urbain et préservation des écosystèmes lagunaires.
À travers ces initiatives, l’État ivoirien réaffirme sa détermination à mettre fin aux pratiques de remblayage anarchique et à protéger la lagune Ebrié, un patrimoine naturel essentiel pour les générations présentes et futures.
