Le différend opposant le Sénégal au Maroc concernant l’organisation et le sacre de la CAN 2025 s’est désormais déplacé sur le terrain judiciaire et institutionnel. Après la finale disputée entre les deux sélections, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé, le 17 mars, de retirer le titre initialement attribué au Sénégal. Le jury d’appel a estimé que la sortie temporaire des joueurs sénégalais équivalait à un forfait, une décision vivement contestée à Dakar.
La Fédération sénégalaise de football a dénoncé une décision jugée « absurde » et a annoncé un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), en demandant une procédure accélérée afin d’obtenir une décision avant la Coupe du monde 2026. De son côté, la Fédération royale marocaine de football affirme respecter les règlements en vigueur et collaborer pleinement avec les instances internationales.
Tensions institutionnelles et volet pénal autour des supporters sénégalais
Dans ce contexte déjà tendu, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a effectué plusieurs déplacements entre Dakar et Rabat pour tenter de désamorcer la crise. Il a rencontré le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et appelé à préserver l’unité du football africain, tout en évoquant la nécessité d’adapter certaines règles de la CAN et en rejetant les accusations de corruption apparues dans le débat.
Parallèlement, le procès en appel des 18 supporters sénégalais interpellés après les incidents de la finale s’est ouvert à Rabat après plusieurs reports. Condamnés en première instance à des peines allant de trois mois à un an de prison pour des faits liés au hooliganisme et à des violences lors d’un événement sportif, ils restent au centre d’une procédure suivie de près par les autorités et plusieurs organisations de défense des droits.
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Le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc indique suivre le dossier, assister aux audiences et avoir rencontré les détenus en prison sans la présence de l’administration pénitentiaire. L’institution précise que les intéressés n’ont pas signalé de violations de leurs droits et rappelle son rôle dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de la défense. Les autorités judiciaires retiennent notamment des faits d’intrusion sur le terrain, de violences, de jets de projectiles et d’affrontements avec les forces de l’ordre, tandis que la Fédération royale marocaine de football n’est pas impliquée dans la procédure pénale, son rôle restant limité au contentieux sportif.

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