Monsieur Vincent Toh Bi, vous interpelez le président de la République : ses ministres et hauts cadres n’auraient plus peur de lui. Selon vous, ils affichent ostensiblement leurs richesses. Ils organisent des fêtes opulentes, et prennent des décisions incompréhensibles aux lourds coûts sociaux et politiques. Vous ditres cela sans documents vos allégations ni fournir des preuves et données factuelles.
Monsieur Toh Bi vous rappelez que vous vous êtes opposé au troisième mandat, non par hostilité, mais pour que le président entre dans l’histoire et pour éviter que des clans ne s’approprient l’administration. Hum ! Vous déplorez le relâchement des codes de rigueur après sept ans de pouvoir, les nominations affaiblissant l’unité nationale, les cortèges indus de proches sans rôle officiel, et les menaces contre les libertés constitutionnelles. Vous sommez le président de la République de choisir entre ses proches indélicats et ceux, comme vous, qui osent dire la vérité. Conclusion : « Tirez-en toutes les conséquences ! »
Cher Monsieur Vincent Toh Bi,
Vous écrivez au président avec l’air grave de celui qui sonne l’alerte. « Ils n’ont plus peur de vous », clamiez-vous, citant ministres arrogants, fêtes insolentes et cortèges de faux prétoriens. Émouvant. Sauf que vous oubliez de parler de vous, cher Monsieur Vincent Toh Bi.
Car au même moment, vos propres affidés chuchotent dans les couloirs : « Toh Bi donne des secrets et des recettes pour éviter que Ouattara soit affaibli. » Pourquoi, dites-moi, un homme comme vous qui se prétend libre se transforme-t-il soudain en protecteur zélé du trône ? Parce qu’un Ouattara fort, c’est un organe électoral docile, qui ne calcule pas ce que vous dites. Vous le savez mieux que personne.
Votre crédibilité,, tient à un fil. Quand un pro-Ouattara s’inquiète de voir le président affaibli, cela s’entend. Mais venant de vous, qui avez bâti votre posture sur une prétendue indépendance, et un rejet de la gouvernance Ouattara oubliant d’assumer votre part du bilan , c’est risible. Vous êtes comme ces ministres que vous fustigez : vous cherchez une place.
« Le président doit se séparer de ses collaborateurs pour appeler Vincent Toh Bi au secours », souffle-t-on dans votre entourage. Et si la présidence de la République, ou la primature, vous échappe, qu’importe ! Un ministère régalien ne vous déplairait pas. Alors vous jouez les Kpakpatos, donneurs de conseils gratis, en espérant que le chef de l’État vous rappelle comme un médecin de garde.
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Vous osez demander au président qui il protégera, de ses proches indélicats ou de ceux qui disent la vérité. Qui sont les indélicats ? Savez-vous que vous manquez de respect au chef suprême , car si tu as nommé voleur , si tu as nommé indélicat ….
Mais vous, Vincent Toh Bi, êtes-vous vraiment un diseur de vérité ou plutôt un quémandeur déguisé en Cassandre ? Votre vérité sent le calcul, et vos conseils gratuits ont un prix très précis.
Ne vous étonnez pas que l’on ricane. « Ils n’ont plus peur de vous », disiez-vous. Sachez que nous non plus, nous n’avons plus peur de vos sermons à deux balles. La rigueur que vous réclamez pour les autres, commencez donc par l’appliquer à votre propre ambition.
Un conseil, en trois mots : taisez-vous, intrigant. Affaire à suivre.
Oupoh Laurent
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