Quatre jours après une série d’attaques coordonnées d’une ampleur inédite au Mali, le président de la transition, Assimi Goïta, est réapparu publiquement mardi 28 avril 2026 au palais de Koulouba, à Bamako. Cette sortie intervient dans un climat de crise aiguë, consécutif à des offensives simultanées ayant visé plusieurs localités stratégiques, dont la capitale et Kati, considéré comme un bastion du pouvoir militaire.
Survenues dans la nuit des 24 et 25 avril, les attaques ont été marquées par des tirs intenses, des explosions et un attentat-suicide, notamment contre la résidence du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors de l’assaut. Les autorités militaires affirment avoir repris le contrôle de la situation et font état de plus de 200 assaillants neutralisés, sans toutefois fournir de bilan consolidé concernant les pertes au sein des forces régulières et des populations civiles.
Selon les autorités maliennes, ces opérations auraient été menées de manière coordonnée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement à dominante séparatiste. Cette alliance présumée témoigne d’une évolution notable dans les capacités opérationnelles des groupes armés, désormais capables de frapper simultanément plusieurs centres urbains et installations militaires.
Apparition d’Assimi Goïta : une reprise en main politique et diplomatique sous tension
L’apparition publique du chef de la transition s’est inscrite dans une séquence mêlant diplomatie et gestes de solidarité. Le 28 avril, Assimi Goïta a reçu au palais de Koulouba l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko. Cette rencontre, sa première apparition officielle depuis les attaques, a été présentée comme un signal de continuité du partenariat sécuritaire avec Moscou dans un contexte de forte pression sur les autorités de transition.
Dans la même journée, le président Assimi Goïta s’est rendu auprès des victimes. Il a visité les civils et militaires blessés au CHU Bocar Sidi Sidi de Kati, avant de se recueillir au domicile du général Sadio Camara pour présenter ses condoléances à sa famille. Les autorités indiquent qu’il a réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts engagés pour la sécurisation du territoire.
Cette séquence intervient après plusieurs jours de silence présidentiel, période durant laquelle des rumeurs ont circulé sur son état de santé et sur la stabilité du pouvoir. L’absence de communication directe dans les premières heures de la crise avait renforcé les interrogations au sein de l’opinion publique.
Sur le plan politique, cette réapparition apparaît comme une tentative de réaffirmation de l’autorité de l’État. En combinant message diplomatique et gestes d’empathie, Assimi Goïta cherche à démontrer sa maîtrise de la situation et la continuité de la gouvernance militaire.
Cependant, aucune déclaration structurée à la nation n’a accompagné cette sortie. Les autorités ont privilégié des images officielles et des communiqués, laissant en suspens les orientations précises de la réponse sécuritaire et politique face à cette offensive d’ampleur.
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Sur le terrain, les opérations de ratissage se poursuivent dans plusieurs régions du pays, toujours sous haute tension. L’ampleur des attaques, touchant simultanément le nord, le centre et la capitale, souligne la persistance d’une insécurité profonde malgré les dispositifs militaires et les partenariats internationaux.
À l’échelle régionale, cette nouvelle offensive ravive les inquiétudes dans un Sahel central déjà fragilisé, où les groupes armés démontrent une capacité croissante de coordination et d’extension de leurs actions sur plusieurs territoires. La réapparition du président met ainsi fin aux spéculations sur sa situation personnelle, sans pour autant lever les incertitudes sur la trajectoire sécuritaire du pays.
