Interdiction des plastiques : à l’occasion d’une rencontre de haut niveau organisée à Abidjan par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, en collaboration avec la CEDEAO, le ministre Abou Bamba a annoncé la mise en œuvre intégrale du décret n°2013-327 du 22 mai 2013, qui interdit la fabrication, l’utilisation et la détention des plastiques à usage unique.
Devant ses homologues ouest-africains, il a présenté cette décision comme un engagement national fort, mais aussi comme une contribution régionale face à une crise environnementale devenue préoccupante. « L’action n’est plus une option », a-t-il affirmé avec fermeté, soulignant la nécessité d’une réponse coordonnée à un problème qui dépasse les frontières.
Malgré l’importance économique du secteur — environ 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects en Côte d’Ivoire — le gouvernement choisit désormais de privilégier la protection de l’environnement et la sécurité des populations.
Le ministre a insisté sur les impacts de la mauvaise gestion des déchets plastiques, responsables de l’obstruction des canalisations et de nombreuses inondations meurtrières, causant des pertes humaines et des dégâts importants aux infrastructures.
Interdiction des plastiques : un enjeu environnemental et économique majeur en Afrique de l’Ouest
Cette décision intervient dans un contexte mondial alarmant. Selon l’OCDE, la production de plastique est passée de 234 millions de tonnes en 2000 à 460 millions en 2019, tandis que moins de 10 % des déchets sont recyclés. Une situation qui fait de la pollution plastique une menace majeure pour la santé, les écosystèmes marins et les économies.
En Afrique de l’Ouest, la problématique est particulièrement aiguë. Les 17 pays côtiers de la région génèrent près de 30 % de la pollution plastique du continent, dont environ 80 % sont mal gérés. La Banque mondiale estime le coût des dommages entre 10 000 et 30 000 dollars par tonne de déchets plastiques.
En Côte d’Ivoire, la production annuelle est estimée entre 40 000 et 100 000 tonnes, avec un taux de recyclage limité à 5–20 %. À Abidjan, environ 250 tonnes de déchets plastiques sont produites chaque jour, une grande partie finissant dans la lagune Ébrié et l’océan.
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Malgré l’existence du décret de 2013, son application est restée limitée en raison d’un manque de suivi et de mesures d’accompagnement. Cette relance marque ainsi une volonté politique de corriger ces insuffisances.
La rencontre d’Abidjan a également permis l’adoption d’une stratégie régionale axée sur la gestion durable des plastiques et le développement de l’économie circulaire. Objectif : protéger les écosystèmes tout en créant de nouvelles opportunités économiques.
« Nous devons dépasser les approches fragmentées pour construire une solution commune », a conclu le ministre, réaffirmant la volonté de la Côte d’Ivoire de jouer un rôle moteur au sein de la CEDEAO dans la lutte contre la pollution plastique.

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