Contre toute attente, ce n’est pas un autre haut gradé qui a été choisi pour succéder au général Sadio Camara à la tête du ministère malien de la Défense. Le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a décidé de prendre lui-même les commandes de ce portefeuille hautement stratégique, dans un contexte de forte pression sécuritaire. Cette décision a été officialisée par décret le lundi 4 mai 2026, quelques jours seulement après la mort de Sadio Camara lors des attaques coordonnées menées le 25 avril à Kati par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Une reprise en main directe de l’appareil militaire
Au Mali, le choc provoqué par la disparition de l’un des piliers du régime a conduit à une réorganisation rapide de la chaîne de commandement. Par ce remaniement qualifié de technique, Assimi Goïta cumule désormais les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense et des Anciens combattants, consacrant ainsi une centralisation sans précédent de l’autorité militaire entre ses mains.
Pour l’épauler dans cette nouvelle mission, le général Oumar Diarra, jusque-là chef d’état-major général des armées, a été nommé ministre délégué auprès du ministre de la Défense. Il aura pour rôle d’assurer le suivi opérationnel et administratif d’un département en première ligne face à l’intensification des offensives rebelles et jihadistes.
Cette réorganisation intervient alors que les Forces armées maliennes sont engagées sur plusieurs fronts et que les groupes armés multiplient les démonstrations de force, faisant planer une menace directe sur la stabilité du pouvoir de Bamako.
Entre stratégie de guerre et concentration du pouvoir
Au-delà de l’impératif sécuritaire, la décision d’Assimi Goïta alimente les interrogations sur son degré de confiance envers son cercle militaire. Plusieurs officiers supérieurs disposaient pourtant du profil nécessaire pour reprendre seul le ministère laissé vacant par Sadio Camara, à commencer par le général Oumar Diarra. Le choix du président de la Transition de conserver ce portefeuille sensible peut donc être interprété comme la volonté de garder un contrôle absolu sur les décisions militaires dans une phase critique.
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Pour de nombreux observateurs, ce cumul de fonctions répond à une logique de commandement direct : face à une guerre qui s’intensifie et à des adversaires désormais capables de frapper au cœur du dispositif sécuritaire, Assimi Goïta entend concevoir, superviser et exécuter lui-même la riposte stratégique. Sa proximité avec Oumar Diarra laisse entrevoir la formation d’un tandem resserré chargé de redonner l’initiative aux Forces armées maliennes.
Reste que cette concentration du pouvoir entre les mains du chef de la Transition traduit aussi la gravité de la crise que traverse actuellement le Mali : un régime fragilisé, une armée sous pression et des groupes armés décidés à faire vaciller l’ordre établi.

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