L’affaire présumée de trafic international de véhicules de luxe volés continue d’ébranler les milieux judiciaires et sécuritaires ivoiriens. Au fil des investigations, de nouvelles révélations viennent étoffer un dossier déjà sensible, mêlant voitures signalées volées en Europe, suspects en fuite, interpellations internationales et personnalités citées dans l’enquête.
Selon des sources sécuritaires concordantes, une BMW bleue déclarée volée à Berlin, en Allemagne, le 24 mars 2024, aurait circulé plusieurs semaines à Abidjan sans attirer l’attention des autorités. Le véhicule aurait même été mis à la disposition d’un artiste bien connu de la scène urbaine ivoirienne, célèbre dans les univers du couper-décaler et du zouglou.
Le groupe de l’artiste s’était notamment illustré lors de la CAN 2023 organisée en Côte d’Ivoire. Toujours d’après les mêmes sources, le véhicule aurait subi une grave panne mécanique après une utilisation intensive durant un week-end, provoquant des dégâts importants au moteur. La voiture serait actuellement immobilisée dans un garage de Treichville, au sud d’Abidjan.
Parallèlement, le volet judiciaire de l’affaire se poursuit. Des plaignants visant M.Y., alias « Amada », présenté comme le principal suspect, auraient découvert son implication présumée dans plusieurs opérations foncières jugées douteuses. Ces éléments auraient entraîné le dépôt de nouvelles plaintes devant les juridictions compétentes.
L’enquête a également pris une tournure internationale avec l’arrestation, fin avril 2026, d’une jeune Nigérienne présentée comme proche de « Amada ». Interpellée par Interpol au Togo, elle aurait été retrouvée en possession de deux véhicules signalés volés au Canada.
Selon des sources proches du dossier, ces véhicules auraient transité par la Côte d’Ivoire avant d’être transférés au Togo après l’incarcération du principal suspect. Les enquêteurs indiquent également que la jeune femme avait séjourné en Tunisie en février 2026 avant de revenir en Côte d’Ivoire, où elle faisait déjà l’objet d’une surveillance discrète.
Trafic présumé de voitures : des complices recherchés et plusieurs procédures ouvertes
Malgré l’incarcération de M.Y. dit « Amada » depuis le 4 mars 2026, les activités présumées du réseau ne se seraient pas interrompues. Les enquêteurs soupçonnent plusieurs complices d’avoir poursuivi les opérations, dont un individu activement recherché et présenté comme l’un des principaux lieutenants du suspect.
Cet homme se ferait passer pour un membre de la famille Houphouët-Boigny en utilisant le nom de « Boigny » afin d’inspirer confiance à ses interlocuteurs. Sous cette identité présumée, il aurait continué des opérations liées au trafic de véhicules de luxe.
Les services d’enquête le soupçonnent notamment de détenir une Jaguar bleue à intérieur blanc, signalée volée en Italie et encore non immatriculée. Il serait également en possession d’une BMW M2 qui serait actuellement utilisée, selon les mêmes sources, par le maire d’une localité du centre-ouest ivoirien proche de Toumodi. Depuis le renforcement des investigations, le suspect aurait disparu et ferait désormais l’objet d’une recherche active.
Cette affaire aux multiples ramifications mobilise plusieurs juridictions. Des procédures seraient en cours devant les 1er, 3e et 5e cabinets du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, tandis que d’autres dossiers seraient suivis par le pôle pénal économique et financier.
Fin avril 2026, une liste de plusieurs véhicules de luxe déclarés volés aurait circulé dans les milieux judiciaires. Parmi eux figureraient notamment une Range Rover Vogue bleu nuit, une BMW M2, une BMW M6, une Porsche Cayenne S ainsi que sept autres véhicules de grande valeur.
Les investigations tendraient à démontrer l’existence d’un réseau opérant entre plusieurs pays européens et ouest-africains, notamment l’Allemagne, le Nigeria, le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire. Les véhicules auraient transité par Lagos avant d’être introduits en territoire ivoirien via la frontière de Noé, échappant ainsi aux contrôles douaniers.
Selon des sources proches du dossier, le principal suspect aurait bénéficié du soutien financier d’un établissement de microfinance actuellement sous surveillance des enquêteurs.
De son côté, la défense de M.Y. dit « Amada » rejette fermement toute implication dans un réseau criminel. Dans un document transmis le 13 avril 2026, son avocat, Maître Moïse Gourihi Titiro, a dénoncé des accusations qu’il qualifie de diffamatoires. Le conseil conteste notamment les informations présentant son client comme le cerveau d’un trafic international de véhicules de luxe entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, estimant qu’elles portent gravement atteinte à son honneur et à sa réputation.

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