Dans une tribune publiée le 29 mai 2026 depuis Moscou, l’ingénieur et homme politique Ahoua Don Mello tire la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité d’Abidjan face aux inondations. Dans ce document technique de quatre pages intitulé « Saison des pluies : Abidjan en sursis », il dresse un constat critique des insuffisances du système d’assainissement de la capitale économique ivoirienne et des risques récurrents à chaque saison pluvieuse.
Il rappelle qu’en 2011, seuls 22 % des Ivoiriens avaient accès à un réseau d’assainissement. Les réformes institutionnelles, notamment la création de l’ONAD et du FNAD, ont permis d’atteindre 56 % de couverture nationale en 2021 (74 % en milieu urbain). Toutefois, selon lui, ces progrès masquent des fragilités majeures, Abidjan ne disposant toujours pas de station d’épuration conventionnelle, les eaux usées étant rejetées en lagune après un simple prétraitement.
Le cas de la Riviera-Palmeraie illustre ces défaillances. Situé dans une vallée recevant les eaux de ruissellement d’un vaste bassin allant d’Angré Château à la Cité SIR, ce quartier de Cocody subit de plein fouet les effets de la bétonisation et de l’urbanisation anarchique. En 2024, les inondations y ont causé 24 morts et des dégâts estimés à plusieurs dizaines de milliards de FCFA.
Inondations à Abidjan : des solutions structurelles face à l’urgence climatique et urbaine
Face à cette situation, le gouvernement a engagé le Schéma directeur d’assainissement et de drainage (SDAD), doté d’un budget estimé à 1 100 milliards FCFA d’ici 2030. Ce programme comprend plusieurs projets majeurs, dont l’assainissement de la baie de Cocody (PAACA), l’extension de 212 km de réseaux de canalisations vers Williamsville, les Deux Plateaux et le Gourou Aval, ainsi que la construction de 7,7 km de nouveaux canaux à Abobo. À la Riviera-Palmeraie, trois barrages écrêteurs sont prévus, dont celui de Génie 2000, presque achevé, et le barrage B6 encore bloqué par des litiges fonciers.
Lire aussi : Cocody : Assalé Tiémoko interpelle la mairie sur l’absence d’école à Akouédo Palmeraie
Ahoua Don Mello met cependant en garde contre les contraintes financières, alors que la dette publique avoisine 60 % du PIB et que 70 % des investissements du plan 2026-2030 reposent sur le secteur privé. Il appelle à un meilleur encadrement des constructions via le respect strict du Code de la construction et l’implication obligatoire de bureaux d’études dans la délivrance des permis. Il préconise également une approche de type « ville éponge », intégrant des sols perméables, davantage d’espaces végétalisés et des zones de rétention temporaire des eaux dans les espaces publics.
