L’homme politique ivoirien Charles Blé Goudé, président du COJEP et de l’Alliance panafricaine, propose une lecture stratégique de la dynamique politique sénégalaise portée par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, dans le contexte de la montée au pouvoir du Pastef.
Intervenant devant ses partisans, il affirme avoir été interpellé sur la situation politique du Sénégal et revendique une volonté d’en débattre publiquement, en rejetant toute approche émotionnelle. Selon lui, la période récente a été marquée par de fortes tensions politiques et judiciaires autour du Pastef, dans un contexte qu’il décrit comme contraignant pour l’opposition.
Revenant sur l’épisode électoral, il évoque une configuration où l’incarcération d’Ousmane Sonko aurait conduit à l’émergence d’une candidature alternative portée par Bassirou Diomaye Faye. Il qualifie ce mécanisme de “stratégie de substitution”, qu’il analyse comme une construction politique réfléchie au Sénégal visant à maintenir la dynamique du mouvement dans la compétition électorale.
Dans sa lecture, cette stratégie s’est articulée autour de trois objectifs principaux : obtenir l’alternance démocratique, préserver le processus électoral et permettre au Pastef d’accéder et d’exercer le pouvoir. Il estime que ces objectifs ont été globalement atteints, considérant l’arrivée au pouvoir du camp Pastef comme la validation de cette approche.
Au Sénégal, tensions politiques, lecture des limites et élargissement au cas ivoirien
Abordant les tensions actuelles entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, Charles Blé Goudé nuance son analyse en distinguant les objectifs principaux des objectifs secondaires. Pour lui, les frictions internes relèvent davantage de la gestion du pouvoir, des équilibres politiques et des relations humaines au sein de la gouvernance, sans remettre en cause la réussite globale de la stratégie initiale.
Il soutient ainsi que ces divergences ne peuvent être interprétées comme un échec politique, mais plutôt comme des ajustements inhérents à l’exercice du pouvoir. Pour illustrer son propos, il mobilise des références historiques comme celles de Thomas Edison ou Abraham Lincoln, afin d’insister sur la valeur de la persévérance et des trajectoires non linéaires en politique.
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Dans la dernière partie de son intervention, il élargit sa réflexion à la Côte d’Ivoire, appelant les principales forces de l’opposition à dépasser leurs divisions. Il estime qu’une coalition entre plusieurs partis ivoiriens aurait pu modifier l’équilibre politique national, citant notamment le PDCI-RDA, le PPA-CI, le MGC et le COJEP, organisation qu’il dirige aux côtés d’autres acteurs.
Concluant sur une tonalité plus générale, Charles Blé Goudé plaide pour un débat politique ouvert et assumé, estimant que la contradiction est essentielle à la construction démocratique. Il appelle enfin à une union des forces et à une culture du dialogue, résumant sa vision du leadership par la capacité à “impacter” plutôt qu’à simplement avoir raison.
