Dans un communiqué officiel publié mercredi 24 juin 2026, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’il considère comme une volonté du pouvoir de conduire seul la réforme du système électoral ivoirien.
Cette réaction intervient après la rencontre tenue le lundi 22 juin à Abidjan entre les partis politiques et le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, dans le cadre du dialogue républicain. À cette occasion, le chef du gouvernement a présenté une nouvelle architecture institutionnelle reposant sur plusieurs organes distincts, notamment un mécanisme de supervision articulé autour de trois entités.
Le parti dirigé par Tidjane Thiam estime toutefois que les grandes orientations de cette réforme semblent déjà arrêtées par l’exécutif, sur la base des travaux de ses propres experts. Une démarche qui, selon lui, compromet l’esprit même de la concertation. Le PDCI-RDA critique également le format de la rencontre, décrite comme une simple « séance de travail » ayant donné lieu à une intervention unilatérale du Premier ministre, sans espace réservé aux échanges ou aux contributions des participants.
Le principal parti d’opposition rappelle qu’une réforme électorale engage les fondements du contrat démocratique national et ne saurait être assimilée à une réforme administrative ordinaire.
« Le PDCI-RDA attire l’attention des Ivoiriennes et des Ivoiriens sur le fait qu’une réforme électorale n’est pas une réforme administrative ordinaire. Elle touche au fondement même du pacte démocratique. Elle concerne les règles qui permettront demain de désigner démocratiquement les gouvernants de notre pays. À ce titre, elle ne peut être élaborée unilatéralement par le seul pouvoir en place », souligne le communiqué.
Le PDCI-RDA réclame une table ronde inclusive
Le PDCI-RDA pointe également ce qu’il qualifie « d’incohérence démocratique ». Pour la formation politique, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), en tant que futur compétiteur électoral, ne peut être simultanément l’architecte exclusif des règles du scrutin, l’organisateur du processus et le concepteur des mécanismes d’arbitrage.
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Face à cette situation, le vieux parti plaide pour l’ouverture d’une table ronde inclusive réunissant l’ensemble des acteurs concernés : le pouvoir, l’opposition, la société civile, ainsi que les autorités traditionnelles et religieuses. Selon le document transmis à la presse, un courrier officiel a déjà été adressé au gouvernement afin de réclamer l’instauration de ce cadre de concertation.
Le PDCI-RDA insiste enfin sur une leçon tirée de l’histoire politique récente du pays : la préservation de la paix sociale doit être assurée en amont des échéances électorales et non une fois celles-ci achevées.
