Abidjan : une réforme d’envergure pour structurer le secteur des gbakas

La DGTTC lance une vaste réforme des gbakas à Abidjan avec une phase de cartographie dès le 15 avril afin de moderniser et organiser un secteur clé mais largement informel du transport urbain.
Abidjan : une réforme d'envergure pour structurer le secteur des gbakas
Gbaka en Côte d'Ivoire

Les gbakas, minicars emblématiques du transport urbain à Abidjan, constituent un maillon essentiel de la mobilité dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, ce secteur vital est aujourd’hui confronté à de profondes difficultés de régulation et d’organisation. Jeudi dernier, la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC) a annoncé le lancement d’une réforme d’envergure visant à transformer cet univers à la fois indispensable et fortement désordonné.

Le processus doit débuter le 15 avril prochain avec le déploiement de centaines de volontaires chargés de réaliser une cartographie détaillée du système des gbakas. Cette opération vise à identifier les flux de passagers ainsi que les principaux points de congestion et de tension. L’État entend désormais privilégier une phase d’observation avant toute action coercitive, rompant ainsi avec les approches antérieures. « Gouverner, c’est prévoir. Et prévoir, c’est comprendre avant d’agir », souligne la DGTTC, qui ambitionne d’intégrer durablement ces véhicules dans le plan global de mobilité urbaine du Grand Abidjan.

Selon les données de l’AMUGA, les gbakas assurent quotidiennement plus de 3,2 millions de déplacements, dépassant les bus de la SOTRA. Ils représentent près de 19,18 % de la mobilité totale dans le Grand Abidjan et dominent le transport collectif avec plus de 40 % de parts de marché. À Adjamé seulement, plus de 15 000 véhicules transitent chaque jour, générant une activité économique importante qui fait vivre des milliers d’acteurs.

A Abidjan, un secteur stratégique confronté aux défis de la modernisation et de la sécurité

Malgré leur rôle central, les gbakas présentent de nombreuses limites structurelles. Ils sont impliqués dans environ 15 % des accidents de la circulation à Abidjan, selon le ministère des Transports, en raison notamment de la vétusté des véhicules, de pratiques de conduite à risque et de comportements inciviques régulièrement dénoncés par les usagers.

Pour autant, leur suppression n’est pas envisagée. Ce mode de transport demeure indispensable pour une large partie de la population, dont certains ménages consacrent jusqu’à 30 % de leurs revenus aux déplacements. Les autorités privilégient donc une transition progressive, afin d’éviter toute rupture dans la mobilité quotidienne. La DGTTC met en garde contre une réforme précipitée qui fragiliserait les populations les plus dépendantes.

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Au-delà de la régulation de la circulation, l’enjeu est structurel : faire évoluer un système largement informel vers un modèle organisé et intégré. Cela implique notamment de lutter contre le sectionnement des trajets et les pratiques opaques de certains syndicats. Dans un contexte marqué par la concurrence croissante de la SOTRA et l’arrivée annoncée du métro et des bus rapides (BRT), le secteur des gbakas devra se moderniser pour rester viable. La réussite de cette transformation dépendra enfin de l’adhésion des acteurs concernés, souvent réticents face aux tentatives de régulation.

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