Vice-président de l’Alliance internationale des projets stratégiques des BRICS et ancien ministre ivoirien de l’Équipement, Ahoua Don Mello effectue actuellement un déplacement en Russie dans le cadre d’une mission à la fois géopolitique et économique à Moscou. Ce voyage s’inscrit dans la continuité de son engagement auprès des institutions russes et des cercles des BRICS, où l’ex-candidat à la présidentielle ivoirienne de 2025 s’est imposé comme l’un des interlocuteurs africains les plus actifs.
Depuis 2021, il occupe le poste de conseiller spécial du patronat russe chargé des investissements en Afrique, avant d’être nommé en décembre 2023 vice-président de l’Alliance internationale des BRICS en charge des projets stratégiques. Il s’agit d’un nouveau déplacement d’envergure pour le responsable ivoirien, qui avait déjà rencontré en septembre 2025 à Moscou plusieurs hauts responsables russes, dont des proches du président Vladimir Poutine, dans le cadre d’échanges visant à renforcer la coopération russo-africaine, notamment dans le domaine de l’industrialisation.
Ahoua Don Mello à Moscou : un acteur controversé au cœur du débat sur les orientations géopolitiques africaines
En décembre 2025, Ahoua Don Mello avait également représenté les BRICS lors de la Conférence antiterroriste BRICS+ à Moscou, où il avait plaidé pour la mise en place d’un « Plan Marshall pour l’Afrique ». Selon lui, une telle initiative, appuyée par la Nouvelle Banque de Développement, devrait permettre de répondre aux défis sécuritaires au Sahel en s’attaquant aux causes structurelles de l’instabilité, notamment par un développement accéléré et le renforcement des États dans les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Ses prises de position en faveur d’un rapprochement accru entre l’Afrique et la Russie continuent toutefois de susciter des débats en Côte d’Ivoire, où elles contrastent avec les relations entretenues par plusieurs États avec leurs partenaires occidentaux. Figure politique atypique, ancien directeur général du BNETD et ex-ministre sous Laurent Gbagbo, Don Mello s’est reconverti dans les cercles d’influence russo-africains après son exil politique.
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Candidat déclaré à la présidentielle ivoirienne de 2025, il s’est présenté comme une voix souverainiste et panafricaniste, multipliant les déplacements sous la bannière des BRICS, notamment en Abkhazie. Ses partisans y voient l’expression d’un positionnement multipolaire favorable à l’émancipation africaine, tandis que certains observateurs, dont le groupe de réflexion disinfo.africa, le décrivent comme un relais d’influence pro-russe.
Face aux critiques, il défend une lecture pragmatique des relations internationales, estimant que la Russie ne chercherait ni à exploiter les ressources africaines ni à dominer le continent. Il affirme au contraire que l’émergence d’un monde multipolaire constitue une opportunité pour l’Afrique de diversifier ses partenariats en fonction de ses propres intérêts.
