Air France mettra fin à sa représentation locale à Bamako le 30 juin 2026, actant ainsi la disparition de plusieurs décennies de présence opérationnelle directe au Mali, près de trois ans après la suspension de ses vols vers le pays. La décision, confirmée dans une correspondance datée du 15 juin et révélée par l’AFP, a été adressée à son partenaire commercial local ATS par la directrice pays, Awa Traoré Diakité. La compagnie ne précise pas les motivations de ce retrait.
Air France : une présence historique remplacée par une gestion centralisée
Cette fermeture marque la fin d’une implantation durable à Bamako. Les services jusque-là assurés localement pour les agences de voyages et les passagers seront désormais transférés vers une plateforme numérique centralisée du groupe Air France-KLM. À ce stade, aucune précision n’a été donnée sur le sort des employés locaux ni sur d’éventuelles mesures d’accompagnement social.
Air France avait déjà suspendu l’ensemble de ses vols vers Bamako, Ouagadougou et Niamey le 7 août 2023, à la suite de la fermeture de l’espace aérien nigérien après le coup d’État du 26 juillet 2023. Depuis, la représentation malienne, privée de son activité commerciale principale, fonctionnait essentiellement comme une structure administrative résiduelle.
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Un retrait dans un contexte de tensions et de recomposition régionale
Cette fermeture intervient dans un environnement marqué par une forte contraction des liaisons aériennes entre le Mali et l’Europe. Les tensions diplomatiques entre Paris et Bamako, aggravées depuis les coups d’État de 2020 et 2021, ont conduit à un recul progressif des opérateurs français dans le pays, ainsi qu’à la rupture de plusieurs accords de coopération.
Parallèlement, la situation sécuritaire demeure dégradée. Corsair, seule compagnie française encore active sur la desserte de Bamako, a suspendu temporairement ses vols fin mai après des attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). D’autres transporteurs terrestres ont également interrompu leurs activités en raison de blocages sécuritaires autour de la capitale.
Dans ce contexte, Turkish Airlines reste l’une des rares compagnies internationales à maintenir une liaison régulière avec Bamako via Istanbul, aux côtés de quelques transporteurs régionaux. La fermeture du bureau d’Air France s’inscrit ainsi dans une recomposition plus large du paysage aérien et économique au Mali.
