Au cours de l’émission, Blé Goudé a raconté les coulisses de plusieurs épisodes passés, souvent méconnus du public, qui auraient selon lui influencé durablement son parcours politique.
Un message nocturne venu de La Haye
Blé Goudé explique qu’alors qu’il était encore en semi-liberté à La Haye, il a reçu une visite inattendue en pleine nuit. Selon lui, son ancien directeur de cabinet, Diaby Youssouf, s’est présenté à son hôtel à trois heures du matin.
Il raconte que Diaby lui aurait annoncé être envoyé par Nady Bamba : « Elle m’a demandé de te dire que tant qu’elle est en vie, tu ne reverras plus jamais Laurent Gbagbo de tes yeux », lui aurait-il déclaré. Il ajoute que le message était encore plus violent : « Si tu l’as vu, c’est à la télévision. Si tu l’as entendu, c’est à la radio. Et tôt ou tard, j’aurai ta peau. »
Face à ces propos, Blé Goudé dit avoir d’abord douté :
« Je lui ai demandé : “Mais Diaby, tu as écouté aux portes ou on t’a vraiment envoyé ? Ce que tu dis est grave.” »
Il affirme que Diaby lui aurait confirmé sa mission, allant jusqu’à préciser : « C’est elle-même qui paye mon transport. »
Pour Blé Goudé, cet épisode marque le début d’un processus d’isolement : « C’est le programme de cette dame qui est en train de se dérouler contre moi, au point où mes amis et moi ne pouvons même plus nous parler aujourd’hui. »
Retour en 2009 : un face-à-face sous pression
Pour comprendre la profondeur de ces tensions, Blé Goudé est revenu sur un épisode de 2009, lorsque la RTI diffusait l’émission En Toute Franchise. À l’époque, il avait demandé au Premier ministre Guillaume Soro de désarmer.
Trois jours plus tard, il raconte avoir été convoqué par Nady Bamba. Lorsqu’il arrive, il découvre une scène qui le surprend : Guillaume Soro, Konaté Sidiki, Meité Sindou et d’autres proches du pouvoir sont déjà présents.
Selon ses mots, il avait alors « l’impression d’être sur un véritable banc des accusés ».

Quelques minutes plus tard, Laurent Gbagbo arrive à son tour. Blé Goudé dit s’être rapidement retrouvé en situation d’infériorité :
« Me voici entre le Premier ministre et le Président de la République. »
Il affirme que Nady Bamba aurait alors pris la parole : « Elle me dit : “Blé, présente tes excuses à Guillaume Soro.” »
Il raconte avoir demandé la raison de cette exigence. La réponse aurait été directe : « Pourquoi tu lui as demandé de désarmer ? Les armes qu’il porte, le jour où elles t’ornent, ce ne sera pas contre Gbagbo. »
Pris de peur et face à l’autorité politique, Blé Goudé dit avoir cédé : « Qui suis-je devant le Chef de l’État et le Premier ministre ? Je me suis mis à genoux et j’ai demandé pardon… je n’ai pas dormi de toute la nuit. »
Une mise en garde qui résonne après la crise de 2011
Revenant sur cette période, Blé Goudé estime que les mises en garde qu’on lui avait adressées à l’époque se sont retournées contre ceux qu’il voulait protéger.
Il déclare : « Les armes ont ‘orné’ en 2011. Et c’était contre qui ? Contre les Ivoiriens. Le Président Gbagbo a été arrêté. »
Pour lui, ces événements montrent que ses positions d’autrefois n’étaient pas mal intentionnées, mais mal interprétées par certains proches du pouvoir.
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Blé Goudé prêt à un procès pour “établir la vérité”
Face à la sensibilité du sujet, il affirme assumer pleinement ses propos et se dit prêt à les défendre devant les tribunaux : « Tout ce que je dis ici, si elle n’est pas d’accord, elle peut me traduire en justice. Je suis prêt pour ce procès de vérité, parce qu’on ne peut pas gâcher tout un combat comme ça. »
Pour l’ancien leader des Jeunes Patriotes, il est désormais essentiel que l’histoire ne soit pas déformée par les conflits internes qui ont marqué cette période.
