En Côte d’Ivoire, les propos de Nakaridja Keita, maire de San-Pedro, suscitent une importante controverse. Dans des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux, l’élue affirme qu’en tant que maire, elle dispose de facilités pour accompagner les dossiers de certains ressortissants de sa commune dans le cadre des concours publics.
« La jeunesse qui ne travaille pas, c’est ça mon problème. Ceux qui veulent faire des concours, comment en tant que madame le maire il y a des portes qui s’ouvrent. En tant que maire de San-Pedro, deuxième poumon économique de la Côte d’Ivoire, dès qu’on dit au directeur ou au ministre que madame le maire est là, il va bien me recevoir. Entre-temps, mes dossiers sont dans ma main. Quand je rentre, en tant que femme, il suffit de jeter un petit sourire, le ministre est content et puis tu glisses ton dossier », a déclaré Nakaridja Keita.
Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, entre indignation et appels à des explications. Pour plusieurs observateurs, ils jettent le doute sur l’équité des procédures de recrutement dans l’administration publique et interrogent sur l’existence éventuelle de pratiques de favoritisme.
Dans un État où les principes de transparence administrative et d’égalité d’accès aux emplois publics sont garantis, de telles déclarations ne devraient pas rester sans suite. Elles interpellent notamment les autorités judiciaires et administratives, qui pourraient être amenées à vérifier la portée réelle de ces affirmations.
Une occasion de restaurer la confiance dans les concours publics
Les concours et tests de recrutement en Côte d’Ivoire font depuis plusieurs années l’objet de soupçons récurrents de fraude, de favoritisme et de corruption. Malgré les assurances régulièrement données par les autorités, une partie de la population continue de nourrir le sentiment que certains candidats bénéficieraient d’avantages particuliers au détriment du mérite.
Cette perception s’est renforcée au fil des années, au point que certains candidats estiment, à tort ou à raison, que la réussite à un concours public dépendrait davantage des réseaux et des moyens financiers que des compétences.
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C’est dans ce contexte déjà fragile que les déclarations de la maire de San-Pedro prennent une résonance particulière. Au-delà de la polémique sur les réseaux sociaux, plusieurs voix réclament désormais l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur ces propos. Qu’elle soit administrative, judiciaire ou parlementaire, une démarche de clarification apparaît nécessaire pour préserver la crédibilité des concours publics et rassurer les citoyens.
Le ministère de la Fonction publique rappelle régulièrement que « aucune fraude, aucun passe-droit ne sera toléré » lors des concours de recrutement. La ministre Anne Désirée Ouloto dispose aujourd’hui d’une occasion de démontrer, par des actes concrets, que les procédures sont effectivement fondées sur l’équité, la transparence et le mérite.
L’enjeu dépasse le cas de la maire de San-Pedro : il s’agit de restaurer durablement la confiance des Ivoiriens dans un système de recrutement public dont la crédibilité demeure essentielle pour l’avenir de nombreux jeunes.
