Au lendemain du verdict rendu par le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan, Maître N’dry Claver, avocat d’Apoutchou National et de Lionel PCS, a annoncé, mardi 2 juin 2026, son intention d’interjeter appel contre l’ensemble de la décision de justice.
Le tribunal a condamné Apoutchou National, de son vrai nom Agbré Stéphane, à trois ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 264 millions de francs CFA pour blanchiment de capitaux. Son coaccusé, Lionel PCS, a écopé de cinq ans de prison ferme, assortis de la même amende.
À la sortie de l’audience, l’avocat de la défense a indiqué attendre les motivations écrites du jugement, notamment sur deux aspects qu’il juge déterminants : la qualification de l’infraction liée aux paris illicites et l’application de la législation sur le blanchiment de capitaux concernant le dépassement du plafond des paiements en espèces fixé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Concernant la condamnation d’Apoutchou National pour blanchiment de capitaux, Maître N’dry Claver s’est interrogé sur les fondements de cette qualification, affirmant vouloir comprendre en quoi le fait de « percevoir de l’argent pour un tournage vidéo » pouvait être assimilé à une telle infraction.
Condamnation d’Apoutchou National et Lionel PCS : une affaire emblématique dans un contexte de lutte contre le blanchiment
L’affaire trouve son origine dans la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant les deux influenceurs manipulant d’importantes sommes d’argent en espèces. Ces images avaient conduit le Pôle pénal économique et financier à ouvrir une enquête afin de déterminer l’origine des fonds.
Lors du procès, le parquet avait requis sept années d’emprisonnement contre chacun des prévenus. Le tribunal a finalement retenu des peines inférieures à ces réquisitions, tout en prononçant des sanctions jugées significatives.
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Cette décision intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire fait l’objet d’une vigilance particulière en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. Inscrit sur la liste grise du Groupe d’Action Financière (GAFI), le pays est appelé à renforcer l’efficacité de ses mécanismes de poursuite et de répression des infractions financières.
En attendant l’examen de l’appel, Maître N’dry Claver a indiqué ne pas vouloir commenter davantage l’affaire, préférant prendre connaissance des motivations détaillées du jugement avant de préciser la stratégie de défense qui sera développée devant la juridiction d’appel.
