Placée sous le regard du pôle pénal, économique et financier (PPEF), l’affaire impliquant l’ancien Secrétaire exécutif du Conseil national du tourisme continue de révéler les failles de gestion au sein de l’admistration publique. Détenu depuis le 6 décembre 2024 au pôle pénitentiaire d’Abidjan, l’ex-responsable est poursuivi pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux, corruption et blanchiment de capitaux.
Ils sont au total neuf mis en cause dans cette procédure, dont trois toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt après avoir brillé par leur absence aux audiences. À la barre, les échanges ont mis en lumière une organisation reposant largement sur des fournisseurs, appelés à intervenir en dehors des circuits classiques de financement public.
Selon les débats, l’ancien dirigeant aurait sollicité un opérateur économique pour obtenir 320 millions FCFA en espèces, sous prétexte d’équiper les locaux du Conseil national du tourisme. En contrepartie, des documents administratifs — bons de commande et de livraison — auraient été établis pour un montant de 641 millions FCFA, destinés à être réglés par le Trésor public.
Interrogé par la présidente du tribunal sur la régularité de la procédure, le prévenu a reconnu que la facture n’avait pas été validée par le contrôleur financier. Il a justifié ses actes par la recherche de solutions face à des difficultés de trésorerie, évoquant un recours habituel à des fournisseurs pour obtenir des avances de fonds.
Affaire du Conseil national du tourisme : Des créances impayées et des témoignages accablants
Le témoignage de la fille de l’opérateur économique impliqué a apporté des précisions déterminantes. Elle a affirmé que son père avait remis les 320 millions FCFA en liquide à l’ex-responsable, sur demande expresse. En retour, il leur aurait été demandé d’émettre une facture de 641 millions FCFA, avec promesse de paiement rapide par l’État.
Mais un an plus tard, aucune somme n’avait été réglée. Face aux relances, le prévenu aurait commencé à rembourser partiellement la dette, versant 180 millions FCFA entre août 2022 et mai 2023. À ce jour, un reliquat de 120 millions FCFA resterait impayé.
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D’autres fournisseurs se sont constitués parties civiles, dénonçant des prestations livrées mais jamais réglées. L’un évoque une commande de 13,5 millions FCFA pour des cartouches d’encre, l’autre une livraison évaluée à 68,5 millions FCFA, incluant papier et consommables.
Les débats ont également été marqués par des tensions à l’audience, notamment lors de l’audition d’un fournisseur en difficulté face aux questions. L’intervention maladroite d’un proche dans la salle lui a valu d’être immédiatement interpellé et conduit hors de la salle par les gendarmes.
Le tribunal, tout comme l’avocat de l’État, s’est longuement attardé sur les violations présumées des règles de la commande publique et l’irrégularité des documents administratifs produits.
L’affaire a été renvoyée au 1er juin 2026 pour la suite des débats. De nouvelles révélations sont attendues dans ce dossier qui met en lumière des pratiques préoccupantes au sein de la gestion publique.

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