Selon lui, le traditionnel jus de gingembre, le fameux gnamankoudji, n’est plus servi à volonté à la maison. « Mon verre n’est plus rempli, il est symbolique. Et quand j’ose demander un deuxième, elle me regarde comme si j’avais demandé la lune », raconte-t-il avec une pointe d’humour. La raison de ce rationnement domestique ? Le prix du gingembre, qui s’envole de manière spectaculaire.
« On ne peut plus payer le gingembre dans ce pays », explique sa femme, faisant référence à la hausse fulgurante du prix du kilo : de 500 francs en avril 2025 à 3 000 francs pour le gingembre jaune, et de 300 à 2 000 francs pour le gingembre blanc.
Pour vérifier ces informations, M. Assalé a mené sa propre enquête de terrain. Direction Adjamé, au marché Gouro, où plusieurs vendeurs ont confirmé l’explosion des prix. La situation est encore plus alarmante à Cocovico, à Angré, où le gingembre jaune se négocie entre 3 500 et 4 000 francs le kilo, et le blanc autour de 3 000 francs.
« À ce rythme, bientôt le gingembre va voyager en voiture climatisée et payer des impôts », ironise le journaliste, soulignant néanmoins le sérieux de la situation. Ce qu’on pourrait prendre à la légère – un simple jus de gingembre – devient un véritable « trouble à l’ordre public culinaire », affectant le quotidien des familles et leur capacité à se nourrir comme avant.
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Face à cette flambée des prix, certaines solutions locales se dessinent. « On va aller au champ cultiver notre propre gingembre ! », conclut M. Assalé, entre résignation et humour.
Flambée des prix du gingembre : un trouble à l’ordre culinaire
Ce phénomène révèle une tendance inquiétante : un produit autrefois accessible du marché local pourrait devenir un luxe, impactant non seulement le portefeuille des consommateurs, mais aussi une part de la culture culinaire ivoirienne.
Avec Assalé Tiémoko
