Un vif différend oppose le maire de Port-Bouët, Sylvestre Emmou, au District Autonome d’Abidjan dirigé par le ministre-gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo, à la suite des opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers de la commune. Des courriers officiels, aujourd’hui rendus publics, révèlent des positions diamétralement opposées entre les deux autorités sur la gestion et l’initiative de ces actions.
Des versions contradictoires sur l’origine et la responsabilité des déguerpissements
Dans une correspondance datée du 29 juin 2026, le cabinet du District Autonome d’Abidjan met en cause la posture du maire de Port-Bouët, l’accusant de contradiction et de « jeu trouble ». L’institution affirme que les opérations contestées correspondent en réalité à une demande formulée par l’édile lui-même depuis février 2024, lors de plusieurs échanges officiels et réunions, visant à mettre fin à l’insalubrité, à l’insécurité et au désordre dans certaines zones de la commune.
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Le District s’étonne ainsi de voir Sylvestre Emmou dénoncer aujourd’hui des opérations qu’il aurait auparavant sollicitées, remettant en question la cohérence de sa position. Dans le même courrier, l’institution dirigée par Ibrahim Cissé Bacongo estime ne pas partager la même vision de la gestion du bien commun ni les mêmes priorités en matière de dignité humaine et de gouvernance urbaine.
De son côté, dans une lettre en date du 7 juin 2026, le maire de Port-Bouët avait exprimé son indignation face aux déguerpissements survenus notamment à Vridi 3 (Zimbabwe), Toviato et Vridi Canal, évoquant des impacts sociaux et humanitaires importants. Selon les services municipaux, plus de 100 000 personnes auraient été affectées par ces démolitions, entraînant de fortes conséquences sociales, sanitaires et économiques.
