Longtemps, Malick Traoré s’était distingué par son silence. Ou plutôt par une forme de loyauté discrète envers Yacine Idriss Diallo. Figure de NCI, le journaliste défendait régulièrement le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) face à ses détracteurs, sans jamais s’exposer frontalement. Cette proximité supposée confère aujourd’hui une résonance particulière à sa prise de distance. Car lorsqu’un ancien allié décide de prendre la parole, son discours trouve naturellement un écho plus fort.
Selon plusieurs sources, le point de rupture remonte à l’interview accordée par Nicolas Pépé à Malick Traoré. Salué comme un succès journalistique, cet entretien a replacé l’attaquant au centre du débat autour des Éléphants, alors que beaucoup le considéraient durablement écarté de la sélection, certains évoquant même une exclusion définitive, sans qu’aucun élément officiel ne vienne étayer cette affirmation.
La forte adhésion de l’opinion publique à la prise de parole de Pépé aurait conduit le staff technique et les dirigeants de la FIF à réexaminer sa situation. Si cette séquence a renforcé la crédibilité journalistique de Malick Traoré, elle aurait également été perçue comme un désaveu implicite pour Yacine Idriss Diallo. Plusieurs sources situent à ce moment précis la détérioration des relations entre les deux hommes.
La tension aurait atteint son paroxysme à Nantes, lors du match amical opposant la Côte d’Ivoire à la France. D’après les informations d’Afrique-sur7, le président de la FIF se serait opposé à la présence de Malick Traoré dans le dispositif éditorial entourant la rencontre, estimant que le journaliste avait cherché à influencer indirectement la gestion du dossier Nicolas Pépé.
Guerre d’influence, soupçons et bataille médiatique avant l’élection de la FIF
Autour du président de la FIF, une autre hypothèse circule : l’interview de Nicolas Pépé aurait bénéficié du soutien financier de Malick Adam Tohé, premier vice-président de la Fédération et candidat annoncé, bien que pas encore officiellement déclaré, à l’élection du 12 septembre 2026. À ce jour, aucun élément matériel ne vient corroborer cette thèse. En revanche, des captures d’échanges diffusées dans plusieurs groupes WhatsApp de soutiens de Yacine Idriss Diallo laissent apparaître des accusations selon lesquelles Malick Traoré aurait agi au service de Malick Tohé.
« Il n’en est rien. En cherchant à discréditer Malick Traoré, ils ont surtout poussé YID à se le mettre à dos. Aujourd’hui, ils prétendent qu’il agit par vengeance après avoir été écarté », confie un soutien de Yacine Idriss Diallo, actuellement aux États-Unis dans le cadre d’un programme financé par la FIFA.
L’épisode de Nantes illustre également la montée des tensions entre la FIF et son partenaire audiovisuel. NCI avait acquis les droits de diffusion de la rencontre pour un montant de 35 millions de FCFA. Selon nos informations, Yacine Idriss Diallo aurait menacé de faire annuler l’accord, allant jusqu’à évoquer un remboursement personnel de cette somme afin de confier la retransmission à la RTI si Malick Traoré conservait son rôle dans le dispositif. Une démonstration de rapport de force qui interroge sur les relations entre l’institution fédérale et les médias.
Depuis, Malick Traoré a choisi de sortir de sa réserve. En réponse, ses détracteurs ont relancé une ancienne vidéo le montrant en train de danser dans le vestiaire des Éléphants. Pour ses opposants, cette séquence illustrerait les privilèges dont il aurait bénéficié sous la présidence actuelle et qu’il regretterait aujourd’hui. Aucun élément ne permet toutefois d’établir l’existence d’avantages financiers accordés par la FIF ; les critiques portent essentiellement sur son accès privilégié aux joueurs.
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Le journaliste, lui, dénonce une stratégie classique de diversion consistant à attaquer celui qui révèle les faits plutôt qu’à répondre sur le fond. « On montre le doigt pour éviter de regarder la lune », résume-t-il. Au-delà des affrontements entre soutiens des deux camps, une interrogation demeure : le débat porte-t-il réellement sur la gouvernance du football ivoirien ou se concentre-t-il désormais sur ceux qui la commentent ?
Le paradoxe est d’autant plus frappant que, pendant que militants et communicants s’affrontent sur les réseaux sociaux, plusieurs sources assurent que Yacine Idriss Diallo et Malick Adam Tohé continuent d’échanger directement, sans intermédiaire. Chacun récuse toutefois toute responsabilité dans les attaques menées par ses partisans respectifs.
À moins de dix semaines de l’élection présidentielle de la FIF, prévue le 12 septembre 2026, une maxime souvent attribuée à l’ancien président Laurent Gbagbo retrouve une résonance particulière : « Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer. » Tandis que les soutiens s’affrontent publiquement, les principaux protagonistes, eux, semblent maintenir le dialogue. Un contraste qui rappelle que, dans les campagnes électorales, les batailles les plus visibles ne sont pas toujours celles qui décident de l’issue du scrutin.
