La situation devient de plus en plus préoccupante dans la filière cacao en Côte d’Ivoire. Dans plusieurs zones de production, producteurs et responsables de coopératives dénoncent un manque de clarté et de coordination dans le processus d’enlèvement des stocks accumulés depuis le lancement de la campagne cacaoyère 2025-2026. Entre annonces officielles et réalités de terrain, l’inquiétude ne cesse de croître.
À Tiassalé, comme ailleurs, des agents du Conseil du Café-Cacao ont mené, depuis fin janvier 2026, des opérations d’inventaire dans les magasins de coopératives. Selon un responsable local, près de 50 tonnes de cacao ont été recensées, auxquelles s’ajoutent environ 40 tonnes encore conservées en brousse. Pourtant, depuis cette étape, aucune avancée significative n’a été enregistrée.
« Depuis cet inventaire, nous sollicitons régulièrement le conseil régional de Divo, mais la seule réponse qui nous est donnée est d’attendre », déplore un président de coopérative.
La confusion s’est accentuée avec l’annonce selon laquelle les opérations d’enlèvement seraient désormais confiées à l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA), suscitant incompréhension et interrogations parmi les acteurs de la filière.
Des pertes financières redoutées par les producteurs de Cacao
Face à ce changement, de nombreuses questions émergent : sur quelles données l’OIA fonde-t-elle ses interventions ? Qu’advient-il des stocks déjà identifiés par le Conseil du Café-Cacao ? Autant d’interrogations qui traduisent un climat de flou généralisé. Ce manque de coordination a d’ailleurs été mis en évidence lors d’un débat télévisé sur NCI 360, où les représentants des deux structures n’ont pas réussi à harmoniser leurs chiffres sur les quantités de cacao déjà enlevées.
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Sur le plan économique, les conséquences s’annoncent particulièrement lourdes. Les producteurs, ayant acquis le cacao à 2 800 FCFA/kg durant la grande campagne, risquent de subir des pertes considérables si les stocks ne sont pas rapidement évacués. En cas de revente au prix de la campagne intermédiaire fixé à 1 200 FCFA/kg, les pertes pourraient dépasser 80 millions de FCFA pour un stock de 50 tonnes.
Malgré l’annonce gouvernementale d’une enveloppe de 280 milliards de FCFA destinée à l’enlèvement de 123 000 tonnes de cacao résiduel, les acteurs de terrain peinent à constater des avancées concrètes. La fixation du prix de la petite campagne, alors que les stocks de la grande campagne restent en souffrance, accentue davantage les difficultés.
