« Une atteinte aux fondements républicains »
Prenant la parole lors d’une cérémonie en hommage aux « braves prisonniers politiques », Gbagbo a fustigé le non-respect de la limitation des mandats. Il a rappelé que ce principe, inspiré de modèles américains et européens et « approuvé à plus de 85 % par les Ivoiriens », n’a, selon lui, pas été appliqué. « Pourquoi inscrire des règles dans la Constitution si c’est pour les ignorer ? », a-t-il lancé, pointant un recul démocratique.
Un débat relancé malgré la validation du scrutin
Avant même le vote du 25 octobre, Gbagbo contestait déjà la candidature d’Alassane Ouattara, estimant qu’elle contrevenait à la Constitution révisée en 2016. Malgré l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition – dont lui-même et Tidjane Thiam, le scrutin s’est tenu et la victoire du président sortant a été confirmée par le Conseil constitutionnel. Pour beaucoup, le débat semblait clos. L’intervention de Gbagbo démontre qu’il reste plus vif que jamais.

Une mobilisation centrée sur les prisonniers politiques
Dans un contexte marqué par des tensions persistantes, environ 1 600 personnes ont été arrêtées après les manifestations post-électorales. En s’engageant dans une initiative en faveur de la libération des prisonniers d’opinion, Gbagbo entend faire de cette revendication un nouveau moteur de la mobilisation de l’opposition.
Le spectre de la crise de 2011
L’ancien président a également ravivé le souvenir de la crise post-électorale de 2011, qu’il continue d’associer au pouvoir actuel. Il a de nouveau dénoncé l’intervention militaire française ordonnée sous Nicolas Sarkozy. « Dans un différend entre deux candidats, que venait faire la France ? Pourquoi a-t-elle bombardé la résidence présidentielle ? », s’est-il interrogé, accusant le régime d’avoir hérité d’une « culture de la force ».
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Des allusions aux démêlés judiciaires de Nicolas Sarkozy
Évoquant les récents revers judiciaires de l’ancien président français, Gbagbo a conclu que « les temps changent » et que la justice finit toujours par rattraper ceux qui ont, selon lui, contribué à imposer cette logique de domination par la force.
Avec Europe24.fr
