Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur la situation politique en Côte d’Ivoire continuent d’alimenter le débat. Pour Gervais Boga Sako, président de la Fondation internationale pour l’observation et la surveillance des droits de l’homme et de la vie pacifique (FIDHOP), les critiques formulées par le leader de La France insoumise (LFI) traduisent une réalité dénoncée depuis plusieurs années par une partie de l’opposition et de la société civile.
Lors d’une intervention devant les militants de son parti, Jean-Luc Mélenchon avait accusé le président Alassane Ouattara d’avoir écarté ses principaux adversaires afin de faciliter son accession à un quatrième mandat en 2025, qu’il qualifie d’« anticonstitutionnel ». Des propos qui ont provoqué une réaction de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, dénonçant des déclarations « discourtoises et inacceptables ».
« Une réalité que nous dénonçons depuis longtemps », selon Gervais Boga Sako
Interrogé par Linfodrome, Gervais Boga Sako, actuellement en exil, affirme que les propos de Jean-Luc Mélenchon confortent les accusations portées depuis plusieurs années contre le processus électoral ivoirien.
« Ce que dit Monsieur Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pas n’importe qui en France, corrobore et confirme la réalité des faits en Côte d’Ivoire », soutient le président de la FIDHOP.
Selon lui, le processus de validation des candidatures à l’élection présidentielle, notamment par le Conseil constitutionnel, aurait favorisé le maintien au pouvoir du chef de l’État en écartant plusieurs candidats jugés crédibles. Il estime également que cette situation aurait bénéficié de la bienveillance de certains partenaires internationaux.
Pour étayer son analyse, le défenseur des droits de l’homme évoque les déclarations passées de Robert Bourgi sur la crise postélectorale de 2010, qu’il présente comme un précédent illustrant l’influence de la France dans les affaires politiques ivoiriennes.
Un défi lancé aux autorités ivoiriennes
Réagissant à la réponse des autorités ivoiriennes aux propos de Jean-Luc Mélenchon, Gervais Boga Sako invite le pouvoir à engager une action judiciaire contre le dirigeant français s’il estime ses accusations infondées.
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« Si la Côte d’Ivoire est trop fâchée, qu’elle porte plainte contre Monsieur Jean-Luc Mélenchon. On verra comment se déroulerait un tel procès, avec tous les candidats potentiels qui ont été écartés pour permettre le quatrième mandat », déclare-t-il, estimant que cette procédure permettrait, selon lui, d’établir la réalité des faits.
Cette nouvelle prise de position s’inscrit dans la continuité de l’engagement de Gervais Boga Sako contre la gouvernance actuelle. Installé en exil depuis juin 2025, il demeure l’une des voix les plus critiques à l’égard du régime d’Abidjan et continue de plaider pour des conditions garantissant une élection présidentielle qu’il souhaite apaisée, inclusive et crédible.
