La Direction Générale des Transports Terrestres et de la Circulation (DGTT) a lancé une campagne invitant les citoyens à signaler les infractions routières en envoyant photos et vidéos via WhatsApp. Si l’initiative vise à lutter contre l’incivisme, elle suscite des réserves de la part de certains observateurs. Dans une lettre ouverte, le journaliste et analyste politique Daouda Coulibaly met en garde contre les risques liés à ce mécanisme.
Risques de délation et fiabilité des preuves, selon Daouda Coulibaly
M. Coulibaly souligne que la campagne pourrait être détournée à des fins de règlements de comptes, transformant un outil de civisme en instrument de délation. Il attire également l’attention sur la fiabilité des images : à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, les photos et vidéos peuvent être manipulées ou sorties de leur contexte, risquant de provoquer des accusations injustes si des protocoles de vérification rigoureux ne sont pas appliqués.
Vie privée et sécurité routière en question
Au-delà de la véracité des preuves, la généralisation des prises d’images dans l’espace public soulève des questions sur la protection de la vie privée et des libertés individuelles. Le journaliste évoque également un paradoxe : certains conducteurs pourraient filmer des infractions tout en conduisant, créant eux-mêmes un danger sur la route. Il propose de privilégier des méthodes alternatives comme le renforcement des contrôles, l’éducation routière et la sensibilisation continue des usagers pour une lutte efficace contre l’incivisme.
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Daouda Coulibaly conclut que l’engagement citoyen reste indispensable, mais qu’il doit être encadré avec prudence afin que la solution ne crée pas de nouvelles difficultés pour la société ivoirienne.
