En Côte d’Ivoire, les débats autour de la tribune de Nady Bamba continuent d’alimenter les discussions au sein du camp proche de Laurent Gbagbo. La dernière prise de position en date est celle d’Ahilé Fernand, proche d’Ahoua Don Mello, qui a publié une déclaration sur la question sensible de l’unité de la gauche ivoirienne.
Un soutien affirmé à la place de Gbagbo dans la gauche ivoirienne
Dans un texte au ton mesuré, Ahilé Fernand rejoint une partie de l’analyse de Nady Bamba, notamment sur le rôle central du président du PPA-CI dans l’histoire politique du pays. Selon lui, cette centralité est indiscutable : « La gauche ivoirienne, c’est Laurent Gbagbo, et Laurent Gbagbo, c’est la gauche ivoirienne », écrit-il, estimant qu’il s’agit d’« une vérité historique que nul ne saurait contester ».
Cependant, le militant nuance son propos en appelant à dépasser la seule figure de l’ancien président. Pour lui, cette position dominante s’explique par un héritage politique plus large : « Si Laurent Gbagbo est la gauche, c’est parce qu’il a semé des graines », affirme-t-il, invitant à transformer cet héritage en une organisation politique structurée et durable.
Vers une structuration idéologique et collective de la gauche
Cette réaction intervient dans le prolongement de la tribune de Nady Bamba, qui remet en cause la pertinence du concept d’« union de la gauche » en Côte d’Ivoire. Elle estime que cette notion ne reflète pas la réalité politique du pays, qu’elle décrit comme essentiellement structurée autour de deux blocs : les gbagboïstes et les houphouëtistes.
De son côté, Ahilé Fernand plaide pour une consolidation de la famille politique issue de Gbagbo. Il évoque une « conjoncture marquée par des défis sans précédent » et estime que la gauche doit désormais prouver sa capacité à devenir une véritable institution politique. Selon lui, il ne s’agit pas de s’éloigner de Laurent Gbagbo, mais de faire évoluer son héritage vers une dynamique collective.
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Il propose ainsi une structuration idéologique du « gbagboïsme », qu’il appelle à transformer en un projet de gouvernance moderne, technique et partagé. « Notre fidélité ne se mesure plus seulement à notre capacité de célébrer son nom, mais à notre aptitude à rendre son combat victorieux », souligne-t-il.
En conclusion, Ahilé Fernand résume sa vision par une formule forte : « Gbagbo ne se remplace pas, il se déploie », une déclaration qui se veut à la fois hommage et appel à la transformation politique de la gauche ivoirienne.
