Église catholique : dans une homélie teintée de références bibliques et pseudo-panafricaines, Mgr Kouadio s’est égaré dans l’interprétation de l’histoire du roi David, affirmant notamment :
- « David, élu de Dieu, est un roi légitime. »
- « Malheur aux pouvoirs politiques qui obéissent à des forces étrangères et négligent le peuple et Dieu. »
- « L’exercice du pouvoir ne dépend ni des relations ni des grandes puissances. »
Il a également dénoncé la « Françafrique » et l’hypocrisie des institutions internationales, et insisté sur l’apparition d’une « troisième voie » pour accéder au pouvoir par infraction ou braconnage électoral, source selon lui de conflits et de contestations.
Une hostilité de l’Église historique qui remonte aux années 1990
Cette sortie n’est pas un événement isolé. Déjà, en juillet 2025, la Conférence épiscopale avait proposé au gouvernement des « arrangements » pour des élections « inclusives et apaisées », suggérant que le bon sens politique pouvait primer sur la stricte légalité. Sous couvert de prévenir la violence et de protéger la dignité humaine, certains curés avaient même invité les populations à faire des provisions et à rester chez elles, prédisant un chaos qui ne s’est jamais produit.
L’opposition actuelle des évêques trouve ses racines dans les années 1990, lorsque le catholicisme jouait un rôle quasi officiel dans l’État ivoirien. La nomination d’un musulman à la tête de la diplomatie avait provoqué une protestation du Vatican, et les mesures prises par Alassane Ouattara pour mettre fin aux privilèges indus de l’Église ont été perçues comme une provocation.

Depuis, l’institution religieuse n’a cessé de critiquer Ouattara, allant jusqu’à lui conseiller de ne pas se présenter à l’élection présidentielle. Malgré ces pressions, le président a été élu et réélu, mais les évêques continuent de multiplier les piques et mises en garde.
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Aujourd’hui, la rhétorique de Mgr Kouadio s’inscrit donc dans une longue tradition de critiques et d’interventions de l’Église dans le champ politique ivoirien, rappelant que ses prises de position restent avant tout théologiques et symboliques.
