La Côte d’Ivoire a lancé, ce dimanche 22 mars 2026, les épreuves du concours de recrutement de professeurs contractuels en mathématiques et en sciences physiques pour les collèges et lycées. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale visant à combler un déficit préoccupant dans ces disciplines essentielles.
Sur les 43 761 dossiers enregistrés, seuls 7 668 candidats ont été retenus après un processus de présélection particulièrement rigoureux. Au final, un peu plus de 7 500 postulants composent pour 2 000 postes disponibles. Les critères d’admissibilité, stricts, imposaient notamment une moyenne minimale de 14/20 en mathématiques et en physique au baccalauréat, traduisant la volonté des autorités de miser sur les profils les plus performants.
Un déficit structurel aggravé par la fuite des compétences de pénurie
Malgré ce recrutement, les besoins restent largement supérieurs à l’offre. Le pays accuse un déficit estimé à 1 453 enseignants en mathématiques et 958 en physique-chimie. Le ministre de l’Éducation nationale, N’Guessan Koffi, reconnaît l’ampleur de la crise et insiste sur l’urgence d’y apporter des solutions durables.
Les candidats retenus ne seront pas immédiatement affectés. Ils suivront une formation de deux ans, encadrée notamment par l’École normale supérieure d’Abidjan, la Société mathématique de Côte d’Ivoire et des partenaires européens, avant leur intégration dans la fonction publique.
Le ministre a également salué l’engagement du président Alassane Ouattara, qui a autorisé cette opération destinée à répondre rapidement à une problématique structurelle, tout en poursuivant les investissements dans les infrastructures éducatives.
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Mais pour Antoine Assalé Tiémoko, la situation est plus alarmante. Il évoque une véritable « crise de scientifiques », pointant du doigt des parcours scolaires parfois dépourvus de cours de mathématiques. L’ancien député attribue en grande partie cette pénurie à la fuite des cerveaux, affirmant que de nombreux profils qualifiés quittent le pays faute de perspectives. Il cite notamment le cas d’étudiants formés à l’étranger dont une infime minorité retourne en Côte d’Ivoire.
Dans ce contexte, la question de la rétention des compétences et du renforcement durable de l’enseignement scientifique demeure un enjeu central pour le développement du pays.
