Réélu à la présidence du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo a annoncé, samedi à Songon M’Bratté, son intention de déléguer prochainement ses pouvoirs à un collaborateur chargé d’assurer le fonctionnement du parti.
L’ancien chef de l’État s’exprimait à l’occasion de la 4e édition de la Fête de la renaissance, organisée dans cette localité située à la périphérie d’Abidjan, en présence de milliers de militants et sympathisants.
« Après ce congrès, je vais déléguer les pouvoirs du président », a déclaré Laurent Gbagbo, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas encore d’organiser sa succession à la tête du parti.
« Mais attention, je n’ai pas dit que je vais nommer mon successeur. Je vais déléguer mes pouvoirs pour que celui qui sera choisi s’asseye au volant et fasse toutes les courses de Laurent Gbagbo », a-t-il insisté.
Cette annonce intervient au lendemain de sa réélection lors du premier congrès ordinaire du PPA-CI, tenu à Abidjan les 14 et 15 mai derniers. Unique candidat en lice, Laurent Gbagbo avait pourtant annoncé, en octobre dernier, son intention de se retirer de la gestion du parti avant de revenir sur sa décision, affirmant avoir cédé aux sollicitations des cadres et militants.
Le 7 mai dernier, lors d’une session extraordinaire du Comité central, il avait réaffirmé sa détermination à poursuivre le combat politique aux côtés de ses partisans.
PPA-CI : un parti fragilisé par des tensions internes et des sanctions disciplinaires
Le PPA-CI traverse depuis plusieurs mois une période de fortes turbulences internes. À l’occasion du congrès, plusieurs cadres contestataires ont été écartés ou sanctionnés pour avoir pris part aux élections législatives de décembre 2025, en contradiction avec la ligne officielle du parti qui appelait au boycott.
À l’issue du conclave ayant réuni près de 1 500 congressistes, des personnalités telles que Stéphane Kipré, Arthur Dally ou encore Blaise Lasme ont écopé de suspensions allant de 12 à 18 mois.
D’autres figures du parti ont été définitivement exclues, notamment Ahoua Don Mello, ainsi que ses proches Antoine Kanga et Fernand Ahilé, pour insubordination et non-respect des orientations du mouvement.
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Ancien directeur général du BNETD, Ahoua Don Mello avait notamment présenté sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025, alors que le PPA-CI soutenait officiellement Laurent Gbagbo, malgré son inéligibilité.
Autrefois incarnée par Laurent Gbagbo durant sa présidence entre 2000 et 2011, la gauche ivoirienne apparaît aujourd’hui profondément fragmentée. Plusieurs anciennes figures de cette mouvance, dont Simone Ehivet Gbagbo, Charles Blé Goudé et Pascal Affi N’Guessan, ont pris leurs distances avec le PPA-CI.
L’avenir politique de Laurent Gbagbo reste par ailleurs suspendu à une éventuelle réinscription sur les listes électorales, laquelle dépend d’une amnistie accordée par le président Alassane Ouattara, son successeur au pouvoir depuis la crise postélectorale de 2010-2011.
