Exilé depuis plusieurs mois, Tidjane Thiam poursuit la direction du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) à distance. À l’occasion des 80 ans du parti, il a dû s’exprimer par visioconférence. Interrogé sur un éventuel retour à Abidjan, le dirigeant a ravivé les débats autour de sa situation administrative et de sa sécurité juridique.
Cette gestion à distance suscite toutefois des critiques en interne, certains responsables du parti jugeant peu approprié qu’une formation politique majeure soit dirigée depuis l’étranger. De son côté, Tidjane Thiam estime qu’un retour en Côte d’Ivoire permettrait de lever ces doutes et de réaffirmer sa présence au sein de l’appareil politique, tout en restant attentif aux risques liés à son contexte judiciaire et administratif.
Tidjane Thiam : statut juridique, documents d’identité et assurances gouvernementales
Interpellé sur le sujet, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a déclaré que Tidjane Thiam est « un citoyen ivoirien libre » et qu’il peut, comme tout responsable politique se trouvant hors du pays, rentrer « quand il le souhaite ». Il a également affirmé qu’aucun élément officiel ne laisse présager une menace particulière visant le dirigeant du PDCI-RDA, évoquant notamment le retour d’autres figures politiques de l’opposition.
Malgré ces assurances, plusieurs éléments alimentent les interrogations autour de sa situation. Une procédure liée à la double nationalité a conduit à une décision judiciaire estimant qu’il avait perdu la nationalité ivoirienne après avoir acquis la nationalité française en 1987, entraînant sa radiation de la liste électorale et son inéligibilité, selon les informations rapportées à l’époque.
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Sur le plan administratif, Tidjane Thiam a renoncé à la nationalité française, acte officialisé par un décret publié au Journal officiel le 20 mars 2025. Cette situation soulève encore des questions sur ses documents de voyage, notamment après des spéculations liées à certains de ses déplacements internationaux. Par ailleurs, son engagement à l’étranger, notamment à la tête de Rwanda Finance Limited jusqu’en mai 2025, continue d’alimenter les débats sur son positionnement institutionnel hors de Côte d’Ivoire.
