C’est un événement exceptionnel pour la Côte d’Ivoire : le Djidji Ayokwé, tambour parleur arraché par la colonisation française en 1916, rentre enfin à Abidjan ce vendredi 13 mars 2026. Très attendu, ce retour fait suite à la demande officielle de restitution déposée par la Côte d’Ivoire en 2019.
Le tambour parleur, symbole majeur de la culture des peuples Bidjans, a été remis par la France lors d’une cérémonie officielle à Paris le 20 février dernier. Cet instrument imposant, long de plus de quatre mètres et pesant près de 430 kg, est sculpté dans du bois et décoré d’un léopard. Pour les Bidjans, le Djidji Ayokwé n’est pas seulement un objet : il représente la mémoire et l’identité de tout un peuple.
Djidji Ayokwé : une restitution symbolique et diplomatique
Le Djidji Ayokwé servait autrefois de moyen de communication rituelle et d’alerte lors des opérations de recrutement forcé par les colons. Paulin Claude Danho, vice-gouverneur d’Abidjan, souligne : « Pour nous, c’est beaucoup plus qu’un instrument. Il porte toute la mémoire d’un peuple ».
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Premier objet réclamé sur une liste de 148 biens culturels à restituer par la France, son retour est le fruit d’un long travail politique, juridique et diplomatique. Conservé et restauré au musée du Quai Branly à Paris, le tambour sera accueilli à Abidjan avec de grandes cérémonies, en présence des chefs traditionnels ébriés, marquant ainsi le retour symbolique de ce patrimoine unique à son peuple.
