Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, a exprimé le 28 septembre 2025 ses inquiétudes concernant l’élection présidentielle prévue en Côte d’Ivoire en octobre, craignant d’éventuelles violences touchant la diaspora burkinabè. Lors d’un entretien de 90 minutes diffusé à la télévision nationale, il a insisté sur l’importance de ce scrutin pour la sécurité des Burkinabè vivant dans le pays voisin.

« Les élections en Côte d’Ivoire nous préoccupent car nous avons de nombreux compatriotes là-bas. Nous ne voulons pas qu’il y ait de crises », a-t-il déclaré à la presse nationale et internationale à l’occasion du troisième anniversaire de son accession au pouvoir.
Les cicatrices du passé nourrissent la vigilance
Les tensions électorales passées en Côte d’Ivoire restent dans toutes les mémoires. La diaspora burkinabè avait particulièrement souffert lors des crises précédentes, notamment avec les opérations Bagui. « Tout le pays en a ressenti les conséquences », a rappelé Traoré. Cette mémoire traumatique explique sa vigilance accrue et son refus de voir l’histoire se répéter.
Relations diplomatiques tendues avec Abidjan
Depuis l’arrivée de Traoré au pouvoir, les relations entre Ouagadougou et Abidjan sont compliquées. Le président a évoqué l’origine de cette rupture : « Le 30 septembre 2022, Alassane Ouattara m’a contacté en premier. Ensuite, son frère est venu nous voir à deux reprises. Ils souhaitaient que nous suivions une certaine direction. Nous avons refusé. C’est ainsi qu’ils se sont opposés à nous. »
Cette divergence a évolué en conflit diplomatique latent, illustrant selon Traoré l’indépendance de sa politique révolutionnaire. « Le Burkinabè est intrinsèquement révolutionnaire », a-t-il affirmé, soulignant que les relations normales entre les deux capitales n’existent plus depuis près de trois ans, compliquant la coordination sur les dossiers sécuritaires et migratoires.
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Une situation sécuritaire ivoirienne jugée fragile
Au-delà des préoccupations électorales, Traoré a alerté sur la fragilité du climat sécuritaire en Côte d’Ivoire. Selon lui, tout incident pendant ou après le scrutin pourrait provoquer une détérioration brutale, révélant que la stabilité apparente repose sur des arrangements précaires susceptibles de s’effondrer.
