À quelques semaines d’une élection qui pourrait prolonger les 43 ans de règne du président Paul Biya, deux figures majeures de l’opposition ont officiellement lancé leur campagne dimanche à Douala, un jour après l’ouverture officielle des festivités électorales le 27 septembre.

Paul Biya : un président historique
À 92 ans, Paul Biya a passé près de la moitié de sa vie à la tête du Cameroun. Il est aujourd’hui le deuxième dirigeant africain le plus ancien en fonction. S’il remporte un huitième mandat de sept ans lors du scrutin du 12 octobre, il pourrait rester au pouvoir jusqu’à près de 100 ans.
Une opposition fragmentée
Parmi un record de 83 candidats, seules 12 candidatures ont été retenues pour figurer sur le bulletin de vote, dont celle du président sortant. Si les onze candidats de l’opposition reconnaissent la nécessité de s’unir derrière une candidature unique, le choix du leader reste controversé.
Des alliances partielles à Douala
À Douala, des centaines de personnes ont assisté au rassemblement de Bello Bouba Maigari, ancien ministre du tourisme âgé de 78 ans. Il tente de constituer une coalition d’opposants pour séduire les huit millions d’électeurs inscrits. Au cours de sa campagne, M. Maigari a rallié Ateki Seta Carson et Akere Muna, deux candidats ayant abandonné la course, illustrant les efforts de l’opposition pour s’organiser face à la longévité de Paul Biya.
Des appels à une coalition plus large
Alors que certains appellent à inclure Issa Tchiroma Bakary, un autre candidat important, le paysage de l’opposition reste fragmenté. Cabral Libii, 45 ans et ancien journaliste, a tenu son premier rassemblement derrière le stade Omnisports de Yaoundé. Prévu pour accueillir 100 000 participants, le rassemblement n’a réuni qu’environ 500 personnes, mais il symbolise la volonté de contester la continuité du pouvoir.
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Un contexte électoral fragile
Les scrutins précédents ont souvent été marqués par des interrogations sur leur crédibilité, les autorités électorales étant fréquemment accusées de favoriser Paul Biya. Plusieurs responsables électoraux avaient exercé des fonctions au sein du gouvernement. De plus, la suppression en 2008 de la limite des deux mandats présidentiels permet au président sortant de prolonger son règne quasi indéfiniment.
