La récente annulation de la Carte d’Identité de Journaliste Professionnel (CIJP) de Franck ETTIEN soulève un tollé juridique et politique. Selon Firmin YOHA, doctorant en Lettres modernes, la décision présente de graves irrégularités sur le plan de la compétence, de la légalité et de la procédure.
Une décision juridiquement fragile
La Commission paritaire a prononcé l’annulation de la CIJP, alors que les textes encadrant cette carte lui confèrent principalement des pouvoirs d’attribution, de renouvellement ou de retrait dans des conditions précises. Les justifications invoquées — l’article 29 de la loi sur la presse et l’article 11 du décret relatif à la CIJP — apparaissent inadaptées et insuffisantes pour fonder une annulation. De plus, Franck ETTIEN n’aurait pas été entendu ni mis en mesure de présenter sa défense, ce qui constitue une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense.
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Un contexte électoral sous-jacent
Le timing de la décision, à l’approche de l’élection à la présidence de l’UNJCI, laisse soupçonner un détournement de pouvoir : la mesure pourrait viser à écarter Franck ETTIEN de la compétition électorale plutôt qu’à faire respecter la loi. Selon M. YOHA, la décision cumule quatre vices majeurs — compétence contestable, base légale inadaptée, irrégularités de procédure et détournement manifeste de pouvoir — et apparaît ainsi davantage comme une manœuvre politique que comme une sanction juridique.
