La Côte d’Ivoire amorce une nouvelle phase diplomatique en direction des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon plusieurs sources concordantes, Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, est attendu au Mali en avril prochain. Cette visite s’inscrit dans une volonté affichée d’Abidjan de renouer le dialogue et de normaliser ses relations avec Bamako.
Ce déplacement intervient dans la continuité des démarches entreprises ces derniers mois. En décembre, le ministre ivoirien s’était rendu à Ouagadougou où il avait été reçu par son homologue burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Début avril 2026, il effectuera ainsi une nouvelle mission dans l’espace AES, cette fois-ci à Bamako, marquant une étape supplémentaire dans ce processus de rapprochement.
Côte d’Ivoire – AES : Des relations fragilisées par des crises successives
Les relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali se sont profondément dégradées depuis les coups d’État de 2020 et 2021, qui ont conduit à l’installation d’un régime militaire dirigé par Assimi Goïta. Le président ivoirien Alassane Ouattara, figure influente de la CEDEAO, s’était opposé à cette prise de pouvoir par les armes, accentuant les tensions entre les deux pays.
La crise s’est intensifiée avec l’arrestation, à Bamako, de 49 militaires ivoiriens, accusés par les autorités maliennes de tentative de déstabilisation. Abidjan avait rejeté ces accusations, affirmant que ses soldats étaient déployés dans le cadre d’une mission de soutien logistique pour l’ONU au sein de la Minusma. Malgré ces explications, les militaires ont été jugés et condamnés à 20 ans de prison avant d’être finalement graciés, notamment grâce à une médiation togolaise.
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Plus récemment, l’affaire Gassama a ravivé les crispations. Ce membre du parlement de transition malien avait été interpellé à Abidjan après la diffusion d’une vidéo critique à l’égard du président ivoirien. Condamné à trois ans de prison pour offense au chef de l’État, il a été libéré en février 2026 à la faveur d’une grâce présidentielle.
Dans ce contexte encore marqué par la méfiance, la visite annoncée d’Adama Dosso à Bamako pourrait ouvrir la voie à une décrispation durable entre les deux pays.

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