À Bruxelles, la présentation de l’ouvrage de Nady Bamba, « Se lever, se relever, s’élever », a dépassé le simple cadre littéraire pour prendre une dimension politique marquée. L’événement a été le théâtre de retrouvailles entre militants du PDCI-RDA et du PPA-CI, dans un contexte encore tendu après les récents différends entre les deux formations du Front commun.
Quelques semaines plus tôt, l’absence du PPA-CI lors du 80e anniversaire du PDCI-RDA à la Maison du Parti de Cocody avait alimenté la polémique. Tandis que le parti de Laurent Gbagbo évoquait un défaut d’invitation officielle, d’autres sources affirmaient qu’un courrier avait bien été réceptionné.
La présence conjointe de militants des deux camps à Bruxelles, bien que non formellement encadrée par les directions des partis, apparaît ainsi comme un geste d’apaisement. Prenant la parole, Nady Bamba a salué « la présence de nos amis du PDCI-RDA » ainsi que celle de militants du GPS, remerciant au passage Tidjane Thiam et Guillaume Soro, signe d’une volonté de rapprochement au sommet.
Un discours critique sur la situation socio-économique, affirme Nady Bamba
Au-delà de cette séquence politique, l’intervention de Nady Bamba s’est transformée en une charge contre la situation socio-économique en Côte d’Ivoire. Dans un ton sans détour, elle a décrit un pays où « tout est gris », estimant que les avancées urbaines ne reflètent pas les difficultés vécues par les populations.
Elle a notamment dénoncé la situation des producteurs de cacao, évoquant un sentiment de tromperie face à des prix jugés en deçà des attentes. La question de la jeunesse a également été soulevée, avec une inquiétude exprimée face à la progression de la consommation de drogue, qu’elle associe au chômage et à l’oisiveté.
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Les critiques ont aussi porté sur les services de base, notamment les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, ainsi que sur la situation des détenus qualifiés par elle de « prisonniers d’opinion ». Elle a évoqué un chiffre de plus de mille personnes concernées, dénonçant des conditions de détention qu’elle juge préoccupantes.
En réponse, le gouvernement ivoirien réfute ces accusations, évoquant une hausse exceptionnelle de la consommation électrique liée à des conditions climatiques et rejetant l’existence de prisonniers d’opinion, affirmant que les détenus concernés relèvent du droit commun.
