Le concert de clôture de la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA), le samedi 18 avril 2026, restera gravé dans les mémoires, mais pas seulement pour la musique. Alors qu’une admiratrice tentait de monter sur scène pour l’approcher, Tiken Jah Fakoly a stoppé net son élan avec une phrase qui a suscité une vive polémique : « Non madame, ici ce n’est pas du Coupé-Décalé ! ».
L’altercation, filmée et devenue virale, a divisé l’opinion publique. Si certains internautes y ont vu une arrogance déplacée envers une dame d’un certain âge, d’autres ont salué la volonté de l’artiste de maintenir une discipline stricte durant ses performances. Face à l’ampleur du malaise, la star du reggae a tenu à clarifier ses intentions au micro de l’émission « Show Buzz » sur NCI.
Le reggae face au « travaillement » : la vision de l’engagement de Tiken Jah Fakoly
Pour l’interprète du « Dernier Appel », ce refus n’était pas une attaque personnelle, mais une protection de l’éthique de son genre musical. Tiken Jah Fakoly a confié avoir cru que la spectatrice s’apprêtait à pratiquer le « travaillement », cette tradition consistant à distribuer des billets de banque à l’artiste en pleine prestation.
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« Pour moi, le travail dévalorise le reggae. On n’a jamais vu Bob Marley recevoir de l’argent sur scène. Le reggae n’est pas une musique de griot, c’est une musique engagée », a-t-il martelé.
L’artiste a néanmoins présenté ses excuses après avoir appris que la dame souhaitait simplement lui parler de son association. Tout en reconnaissant que sa réaction a pu blesser, il a réaffirmé son allergie totale à toute forme de don financier durant ses concerts. Au-delà du style musical, cet incident soulève la question récurrente de la sécurité des artistes et de la gestion des scènes à Abidjan, où les intrusions intempestives perturbent régulièrement la fluidité des spectacles.
