L’enquête sur le vaste trafic international de véhicules de luxe volés en Europe, qui agite depuis plusieurs semaines les milieux judiciaires et sécuritaires ivoiriens, connaît un nouveau tournant. Au fil des investigations, les enquêteurs mettent au jour l’ampleur d’un réseau structuré mêlant importations frauduleuses, circuits présumés de blanchiment et complicités à plusieurs échelons. Dernier rebondissement : un maire d’une localité du centre-ouest de la Côte d’Ivoire est désormais cité dans ce dossier explosif. Disparu depuis plusieurs jours, il fait actuellement l’objet de recherches actives.
Trafic de voitures de luxe volées : un réseau toujours actif
Cette affaire trouve son origine dans l’arrestation de MY, alias « Amada », présenté comme le principal instigateur d’un système spécialisé dans l’importation et la revente de voitures de luxe signalées volées en Europe. Placé sous mandat de dépôt dès l’ouverture de la procédure, il n’aurait toutefois pas entraîné l’arrêt des activités du réseau.
D’après des sources proches du dossier, plusieurs de ses présumés lieutenants auraient poursuivi les opérations dans la discrétion, en maintenant les circuits de livraison et de commercialisation. Parmi eux, un individu apparaît comme l’un des maillons essentiels de cette organisation. Selon des sources sécuritaires, celui-ci se présenterait comme un membre de la famille Houphouët-Boigny et utiliserait le patronyme « Boigny » pour renforcer sa crédibilité auprès de clients et partenaires. Une identité de façade qui lui aurait permis de continuer ses activités sous une apparente respectabilité.
Les mêmes sources indiquent qu’il serait actuellement en possession d’une Jaguar bleue à intérieur blanc, déclarée volée en Italie. Ce véhicule, encore sans immatriculation, figure parmi les pièces importantes de l’enquête. Il détiendrait également une BMW M2, aujourd’hui au centre d’un nouveau développement judiciaire.
La fuite d’un maire relance les soupçons sur des complicités influentes
Selon plusieurs éléments recueillis par les enquêteurs, cette BMW M2 se trouverait entre les mains d’un maire d’une commune du centre-ouest ivoirien, située à proximité de Toumodi. Informé de l’avancée de l’enquête et craignant d’être inquiété, l’élu local aurait quitté son domicile précipitamment. Depuis lors, il reste introuvable.
Les services compétents ont engagé des recherches afin de le localiser et de l’entendre sur les conditions dans lesquelles ce véhicule de luxe se serait retrouvé en sa possession. Cette nouvelle piste conforte la thèse d’un réseau solidement implanté, capable de tisser des ramifications jusque dans des milieux influents.
Devenue particulièrement sensible, l’enquête mobilise désormais plusieurs juridictions. Les procédures sont actuellement instruites devant les 1er, 3e et 5e cabinets du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. D’autres volets ont été transférés au pôle pénal économique et financier, sur fond de soupçons de blanchiment de capitaux et de circuits financiers illicites.
Lire aussi : Attaques au Mali : Laurent Gbagbo réclame une riposte sécuritaire africaine
Le samedi 26 avril 2026, une liste partielle des véhicules identifiés comme volés a d’ailleurs été rendue publique. Elle mentionne notamment un Range Rover Vogue bleu nuit, une BMW M2, une BMW M6, une Porsche Cayenne S, ainsi que sept autres voitures de prestige dont l’identification se poursuit.
À mesure que les investigations avancent, ce dossier met en lumière les contours d’un trafic international sophistiqué, soutenu par des relais locaux de plus en plus préoccupants. Entre usurpation d’identité sociale, complicités présumées et disparition de suspects, l’affaire semble encore loin d’avoir livré tous ses secrets.
