Grève des Affaires maritimes : depuis le 8 juin 2026, plusieurs publications circulant sur Facebook, X et TikTok affirment à tort qu’une rébellion armée aurait éclaté à Abidjan et que la situation serait devenue « incontrôlable ». Ces messages, relayés par des comptes diffusant régulièrement des contenus trompeurs, s’appuient sur un assemblage d’images montrant des forces de l’ordre en intervention et un homme en uniforme présenté comme un chef de mutins.
En réalité, ces éléments ont été détournés de leur contexte. Les images de militaires et d’unités antiémeutes ne sont pas liées à une insurrection, mais à des opérations de maintien de l’ordre lors d’un mouvement social. La personne identifiée dans ces publications comme un prétendu meneur de rébellion est en fait le sergent Madjou Glé Henri Joël, responsable syndical au sein du SYNABEPAM, un syndicat du personnel des Affaires maritimes. L’uniforme visible correspond à celui de cette administration rattachée au ministère des Transports, et non à une unité militaire engagée dans une mutinerie.
Une grève administrative détournée par la désinformation en ligne
Le contexte réel est celui d’un mouvement de revendication professionnelle mené par les agents des Affaires maritimes. Ces derniers réclament notamment le paiement d’une indemnité de logement prévue par un décret datant de 2022. Le mouvement, qualifié de pacifique par les représentants syndicaux, s’est traduit par une suspension d’activités et des rassemblements sans armes ni violence.
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La situation s’est tendue après l’interpellation de plusieurs responsables syndicaux le 8 juin à Abidjan, entraînant des déploiements des forces de l’ordre et des scènes de face-à-face relayées sur les réseaux sociaux. Ces images ont ensuite été réutilisées hors contexte, combinées à des photos anciennes ou sans lien avec les faits, afin d’alimenter un récit de soulèvement militaire fictif.
Selon plusieurs analyses spécialisées dans la lutte contre la désinformation, ces contenus s’inscrivent dans des campagnes récurrentes de manipulation numérique visant à amplifier artificiellement les tensions politiques. Elles reposent notamment sur le recyclage d’anciennes vidéos, la diffusion de faux communiqués et la création de contenus générés par intelligence artificielle, contribuant à entretenir des rumeurs d’instabilité en Côte d’Ivoire sans aucun fondement factuel.
