La Côte d’Ivoire améliore sa position dans le classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières. Le pays occupe désormais la 54e place sur 180 États, avec un score de 66,27 points contre 63,69 en 2025, soit une progression de dix rangs à l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Cette avancée traduit une évolution positive de l’image du paysage médiatique ivoirien sur la scène internationale. Malgré cette progression, le rapport souligne la persistance de plusieurs fragilités structurelles, notamment un environnement médiatique fortement politisé, des pressions judiciaires, des agressions visant des journalistes ainsi que des suspensions régulières de publications.
À l’échelle africaine, la Côte d’Ivoire se classe neuvième. La Gambie demeure le pays africain le mieux positionné avec une 46e place mondiale et un score de 69,42, tandis que Afrique du Sud enregistre le meilleur score du continent avec 77,95 points, correspondant à la 21e place mondiale.
Liberté de la presse : Un environnement médiatique encore sous pression en Côte d’Ivoire
Dans son analyse, RSF met en avant l’influence persistante des acteurs politiques sur les médias ivoiriens. Le groupe public Radiodiffusion Télévision Ivoirienne est notamment présenté comme proche du pouvoir exécutif et du chef de l’État, une situation susceptible d’affecter l’indépendance éditoriale et de renforcer la perception d’un système médiatique sous influence politique.
Sur le plan juridique, le rapport reconnaît l’existence de garanties formelles, notamment la protection de la liberté d’expression inscrite dans la Constitution et la loi de 2017 protégeant les sources journalistiques. Toutefois, certaines dispositions continuent d’inquiéter l’organisation, à l’image du délit d’offense au président toujours prévu dans le code pénal, ou encore de la loi du 6 juin 2024 sur les communications électroniques, dont certaines clauses pourraient limiter la diffusion d’informations d’intérêt public.
RSF relève également le rôle de Autorité nationale de la presse, dotée de pouvoirs de sanction étendus comprenant des suspensions de parution et des interdictions temporaires de publication pouvant atteindre trois mois. Selon l’organisation, plusieurs médias ont été visés par ces mesures depuis 2023.
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Le rapport attire enfin l’attention sur les difficultés économiques du secteur médiatique ivoirien. La presse écrite subit une baisse continue des ventes, poussant plusieurs titres à accélérer leur transition numérique. Les télévisions privées, quant à elles, restent fortement dépendantes d’un marché publicitaire jugé insuffisant pour assurer leur stabilité financière.
La sécurité des journalistes demeure par ailleurs une préoccupation majeure. RSF évoque des tentatives de corruption, des intimidations, des menaces de divulgation de données personnelles, ainsi que des arrestations ciblées et des attaques contre certaines rédactions, autant de facteurs qui continuent de fragiliser l’exercice du métier en Côte d’Ivoire.

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