Le sommet Africa Forward s’est achevé ce 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya. À l’issue de cette rencontre coorganisée par la France et le Kenya, le président français Emmanuel Macron a accordé un entretien conjoint à RFI, France 24 et TV5 Monde. Durant près de quarante minutes, le chef de l’État est revenu sur sa politique africaine, neuf ans après son discours prononcé à Ouagadougou en 2017.
« Je suis hyper fier de ce bilan », a déclaré Emmanuel Macron, affirmant n’avoir « pas de regrets » concernant son action sur le continent. Le président français a réaffirmé son ambition de « réinventer » les relations entre la France et l’Afrique autour d’un « partenariat d’égal à égal ». Il a également insisté sur le rôle stratégique du continent pour la jeunesse française, qualifiant l’Afrique de « continent le plus jeune et le plus dynamique au monde ».
Interrogé sur le sentiment anti-français observé dans plusieurs pays africains, Emmanuel Macron a relativisé cette perception, estimant qu’elle était entretenue par « certains activistes » et par des puissances étrangères, notamment la Russie, qu’il a qualifiée de « véritable colonisateur du XXIe siècle ».
Sécurité, conflits régionaux et diplomatie : Macron plaide pour le dialogue
Le président français est également revenu sur la dégradation sécuritaire au Mali, confronté à des attaques jihadistes et à l’instabilité politique depuis plusieurs années. Évoquant la présence du groupe paramilitaire russe Africa Corps dans certains pays africains, Emmanuel Macron a attribué la situation malienne aux décisions prises par les auteurs des coups d’État successifs.
Alors que la présence militaire française en Afrique s’est fortement réduite ces dernières années — après les retraits du Burkina Faso, du Niger, du Tchad ou encore la fermeture de la base française à Dakar — Emmanuel Macron a défendu un « partenariat de sécurité beaucoup plus sain et équitable ».
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Sur la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, le chef de l’État s’est montré réservé quant à d’éventuelles sanctions européennes contre le Rwanda. Il a privilégié la voie du dialogue entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame.
Concernant le conflit au Soudan, en guerre depuis avril 2023, Emmanuel Macron a appelé à « un cessez-le-feu le plus rapide possible » et plaidé pour une pression diplomatique accrue sur les pays soutenant les belligérants.
Enfin, le président français a évoqué les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, estimant que sa réouverture devait constituer « la priorité absolue » de l’agenda international. Il a assuré vouloir porter « la voix de l’Afrique » lors du prochain sommet du G7 organisé par la France.

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