Le Parti des peuples africains–Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par Laurent Gbagbo, a adopté par acclamation une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES) lors de la clôture de son premier congrès ordinaire, tenu les 14 et 15 mai 2026 au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan. Réunis en présence d’environ 3 000 délégués, les congressistes ont exprimé un appui explicite aux régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, qualifiant leur démarche de choix souverainiste fondé sur le panafricanisme.
La motion, lue par le président de séance Aka Emmanuel, affirme que « le salut de l’Afrique passe par la souveraineté et le panafricanisme » et appelle les dirigeants de l’AES à poursuivre leur trajectoire. Cette prise de position constitue une première pour une grande formation politique ivoirienne, dans un contexte où l’État ivoirien, dirigé par Alassane Ouattara, soutient depuis 2023 les sanctions de la CEDEAO contre les juntes sahéliennes.
Selon le PPA-CI, une rupture assumée avec la ligne diplomatique d’Abidjan
Au-delà du geste politique, cette motion marque une divergence frontale avec la diplomatie officielle ivoirienne, qui s’est illustrée par un soutien constant aux mesures de la CEDEAO à l’encontre du Mali, du Burkina Faso et du Niger après les coups d’État successifs. Abidjan s’est notamment positionnée parmi les défenseurs les plus fermes des sanctions économiques et politiques régionales, tout en maintenant des tensions diplomatiques avec les autorités de l’AES sur plusieurs dossiers sensibles, notamment migratoires.
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En choisissant de soutenir publiquement ces régimes, le PPA-CI se place en opposition directe à la politique étrangère du gouvernement, tout en restant fidèle à sa ligne idéologique panafricaniste, historiquement critique de la Françafrique et des interventions occidentales sur le continent. Cette convergence de discours avec les États de l’AES illustre la circulation croissante des idées souverainistes dans l’espace ouest-africain francophone, y compris au sein de formations d’opposition dans des pays alignés sur les positions de la CEDEAO.
En marge de cette prise de position, le congrès a reconduit Laurent Gbagbo à la présidence du parti, malgré ses déclarations antérieures de retrait de la vie politique active. Les travaux ont également été marqués par des sanctions disciplinaires visant plusieurs cadres ayant brigué des mandats électifs sans validation du parti, confirmant la volonté de la direction de renforcer la discipline interne en vue des prochaines échéances électorales, notamment les municipales prévues en 2028.

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