Dans une lettre ouverte rendue publique ce mardi 20 mai 2026, Konan Kouadio Siméon interpelle directement Laurent Gbagbo. Le président de l’organisation Initiatives Pour La Paix exhorte l’ancien chef de l’État à rencontrer le président Alassane Ouattara afin de lui proposer l’organisation de véritables Assises nationales, qu’il considère comme « la seule sortie de crise honorable » pour la Côte d’Ivoire.
L’auteur rappelle avoir déjà soumis, en avril 2001, un projet similaire à Laurent Gbagbo alors au pouvoir. Intitulé « PARDON-RÉCONCILIATION-PAIX EN CÔTE D’IVOIRE », ce projet n’avait finalement pas abouti. Vingt-cinq ans plus tard, Siméon estime que le contexte politique ivoirien impose un retour à cette initiative. Il évoque notamment un bilan officiel de plus de 3 445 morts liés aux différentes crises politiques enregistrées entre 1990 et 2026.
Gbagbo – Ouattara : Une refondation politique présentée comme un héritage historique
Dans sa lettre, Konan Kouadio Siméon dénonce les dérives de ce qu’il appelle la « Partocratie », un système où les partis politiques prendraient le dessus sur la souveraineté populaire. Selon lui, cette situation favorise l’émergence d’une « ethnocratie », dans laquelle les appartenances ethniques ou politiques primeraient sur la compétence.
S’adressant directement à Laurent Gbagbo, il lui demande de ne pas consulter les instances du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, mais d’agir « selon sa conscience ». Il souhaite que l’ancien président propose à Alassane Ouattara non pas un simple dialogue politique, mais un véritable cadre de redéfinition d’un nouveau contrat social ivoirien.
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Konan Kouadio Siméon inscrit également son appel dans une dimension historique. Il rappelle que Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara représentent, selon lui, les dernières grandes figures de la génération politique issue du multipartisme instauré en 1990, après la disparition de Henri Konan Bédié. Il estime que l’histoire retiendra leur capacité — ou leur incapacité — à saisir cette opportunité de réconciliation nationale.
Enfin, l’auteur fait référence à Félix Houphouët-Boigny, affirmant que ce dernier aurait envisagé la tenue de telles Assises avant son décès en décembre 1993, sans avoir eu le temps de les convoquer. Pour Siméon, cette initiative constituerait aujourd’hui un ultime acte de courage politique susceptible d’éviter une nouvelle crise majeure en Côte d’Ivoire.
