Plus de 400 femmes et enfants enlevés par le groupe jihadiste Boko Haram dans le village de Ngoshe, dans le nord-est du Nigeria, ont retrouvé la liberté samedi 6 juin 2026 après plusieurs mois de captivité, selon des responsables locaux ayant confirmé l’information à l’AFP. Le sénateur de l’État de Borno, Mohammed Ali Ndume, a confirmé cette libération, tandis que le président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), Samaila Kaigama, a indiqué que 416 femmes et enfants figuraient parmi les personnes relâchées. Les circonstances exactes de cette remise en liberté restaient toutefois inconnues dans l’immédiat.
Parallèlement, l’armée nigériane a annoncé avoir secouru 360 civils lors d’une opération menée le même jour dans les monts Mandara, à proximité de la frontière camerounaise. Selon un communiqué de l’Opération Hadin Kai (OPHK), cette intervention a été conduite par des forces spéciales après plusieurs semaines de préparation reposant sur du renseignement humain, électromagnétique et aérien. La différence entre les chiffres avancés par les autorités locales (416) et ceux communiqués par l’armée (360) n’a pas été expliquée officiellement.
Au Nigeria, une offensive militaire dans un contexte de coopération renforcée
Les personnes libérées étaient originaires de Ngoshe, une localité située dans la zone de Gwoza, considérée comme l’un des bastions historiques de Boko Haram dans l’État de Borno. Elles avaient été capturées lors d’une attaque menée contre le village au début de l’année 2026. Aucune information n’a été fournie concernant d’éventuelles négociations ou le versement d’une rançon, bien que les spécialistes de la sécurité soulignent que ce type de transaction demeure fréquent dans les enlèvements de masse perpétrés dans la région.
Cette libération intervient trois semaines après le lancement, le 16 mai 2026, d’opérations militaires conjointes entre le Nigeria et les États-Unis visant les combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Depuis février, Washington a déployé environ 200 militaires chargés de missions de formation, de renseignement et de soutien logistique aux forces nigérianes. L’opération du 6 juin dans les monts Mandara s’inscrit dans cette dynamique de coopération sécuritaire renforcée.
Le commandant du théâtre Nord-Est, le major-général Abdulsalam Abubakar, a salué l’efficacité des unités engagées. Selon plusieurs sources, une soixantaine d’otages avaient déjà été libérés lors d’opérations précédentes menées depuis l’attaque de Ngoshe.
Lire aussi : Mondial 2026 : les Éléphants dévoilent une tenue officielle signée Ibrahim Fernandez
Une insurrection qui continue de déstabiliser le nord-est du Nigeria
Depuis le déclenchement de l’insurrection jihadiste en 2009, les violences attribuées à Boko Haram et à l’ISWAP ont fait des dizaines de milliers de victimes et provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes dans le nord-est du Nigeria. Les deux mouvements se sont séparés en 2016, l’ISWAP prêtant allégeance à l’organisation État islamique tandis que la faction historique, Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS), est restée fidèle à l’idéologie originelle de Boko Haram.
Les enlèvements de masse demeurent l’une des tactiques les plus utilisées par ces groupes armés, notamment dans l’État de Borno, depuis le rapt des lycéennes de Chibok en 2014. Par son ampleur, la libération des otages de Ngoshe figure parmi les plus importantes enregistrées ces dernières années et constitue un succès significatif pour les autorités nigérianes dans leur lutte contre l’insurrection.
