L’ancien Premier ministre et président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a vivement critiqué le gouvernement ivoirien lors d’une conférence de presse tenue le 4 juin. Il accuse l’exécutif dirigé par Alassane Ouattara d’avoir privilégié les grands projets visibles, comme les ponts et infrastructures majeures, au détriment de l’entretien des caniveaux et des systèmes d’évacuation des eaux pluviales, jugés essentiels pour prévenir les inondations récurrentes à Abidjan.
Selon lui, cette orientation traduit un choix politique de communication plutôt qu’une réponse structurelle aux problèmes d’assainissement. Il estime que malgré quinze années de gouvernance, les conséquences des fortes pluies restent dramatiques pour les populations, avec des pertes en vies humaines qui se répètent chaque année.
Inondations à Abidjan : gestion des déchets et enjeux institutionnels au cœur des critiques
Poursuivant ses accusations, Affi N’Guessan a ciblé la réforme du secteur de la salubrité urbaine, évoquant notamment la disparition de l’Agence nationale de la salubrité urbaine au profit de l’ANAGED. Il estime que cette restructuration aurait fragilisé la gestion des déchets et aggravé l’obstruction des caniveaux, faute d’entretien régulier.
Il affirme également que les collectivités locales ont été dessaisies d’une partie de leurs compétences en matière de collecte des ordures, ce qui aurait contribué à détériorer la situation. Le gouvernement n’a pas réagi publiquement à ces déclarations au moment de leur publication.
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Ces critiques s’inscrivent dans un contexte où la gestion des inondations reste un défi structurel pour Abidjan, mégapole de plus de cinq millions d’habitants. Selon l’ONPC, les épisodes pluvieux provoquent chaque année des victimes et de nombreux sinistrés. Un programme d’assainissement soutenu par la Banque mondiale est en cours pour renforcer les réseaux de drainage.
Enfin, cette prise de parole intervient dans un climat politique marqué par les tensions entre le pouvoir et l’opposition, incarnée notamment par la coalition Cap-CI et des figures issues de l’ancien régime de Laurent Gbagbo.
