Le maire de Port-Bouët, Sylvestre Emmou, a annoncé ce dimanche 14 juin la découverte du corps sans vie de Bougoum Issouf, un mécanicien exerçant à Vridi Canal. Ce décès survient dans un contexte marqué par les opérations de déguerpissement menées par le District autonome d’Abidjan, vivement contestées par les autorités municipales.
Un décès qui suscite l’émotion à Port-Bouët
Selon un communiqué publié par la mairie de Port-Bouët, le corps de Bougoum Issouf a été retrouvé le vendredi 12 juin dans la cabine d’un camion stationné dans un garage de Vridi Canal, où il travaillait.
D’après les informations rapportées par le frère de la victime, le mécanicien aurait quitté son domicile après sa destruction lors des récentes démolitions. Après avoir conduit sa compagne et leurs trois enfants à Vridi Ako pour les mettre à l’abri, il serait retourné sur les lieux afin de récupérer quelques effets personnels. Surpris par la nuit et dans l’impossibilité de rejoindre sa famille de l’autre côté de la lagune, il aurait passé la nuit dans la cabine d’un camion.
Si aucune conclusion officielle n’établit à ce stade un lien entre son décès et les opérations de déguerpissement, la mairie a exprimé sa « compassion et sa solidarité à toutes les familles victimes des déguerpissements opérés par le District autonome d’Abidjan ».
Le bras de fer entre la mairie et le District se poursuit
Cette affaire intervient alors que les tensions restent vives entre la municipalité de Port-Bouët et le District autonome d’Abidjan. Depuis plusieurs semaines, les deux institutions s’opposent sur les démolitions engagées dans plusieurs zones de la commune, notamment à Vridi 3, Zimbabwe, Campement TP et aux abords du marché de nuit.
La mairie dénonce un déficit de concertation et affirme avoir adressé, le 29 mai dernier, un courrier au District afin d’obtenir des éclaircissements sur le sort de certains quartiers concernés. Selon les autorités municipales, cette correspondance serait restée sans réponse alors même que les opérations de démolition débutaient dès le lendemain.
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Le Conseil municipal critique également les conditions de mise en œuvre de ces déguerpissements, estimant que de nombreuses familles ont été contraintes de quitter leurs logements sans accompagnement adéquat, en pleine saison des pluies. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a récemment illustré les tensions, montrant un échange houleux entre le maire Sylvestre Emmou et des agents présents sur un site de démolition.
De son côté, le District autonome d’Abidjan justifie ces interventions par des impératifs de sécurité publique, d’assainissement urbain et de lutte contre les inondations. L’institution affirme agir dans le cadre de la modernisation de la capitale économique et rejette toute accusation de déguerpissement irrégulier.
En attendant les conclusions de l’enquête sur les circonstances du décès de Bougoum Issouf, cette affaire pourrait raviver davantage les tensions déjà persistantes entre la mairie de Port-Bouët et le District autonome d’Abidjan.
